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Stavros Dimas: "Toutes nos décisions doivent s'appuyer sur la science"

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Stavros Dimas: "Toutes nos décisions doivent s'appuyer sur la science"

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Stavros Dimas est Commissaire européen en charge de l’environnement. Ce grec croit en l’avenir des énergies renouvelables, en particulier le soleil, pour lutter contre le réchauffement climatique.
A la conférence de Bali sur le climat, c’est lui qui représente l’Union européenne. La stratégie contre les émissions de CO2, mais aussi la question épineuse des OGM dans l’agriculture… Stavros Dimas répond à nos questions.

Sergio Cantone, EuroNews:
Commissaire, bienvenue sur EuroNews. Alors que la conférence de Bali vient d’ouvrir, quel est l’enjeu? Pensez-vous que l’Union européenne va réussir à mettre en marche une vraie coalition d’action contre le changement climatique?

Stavros Dimas, Commissaire européen à l’environnement:
Il nous faut un consensus, pour arriver à un accord international pour l’après 2012, qui nous permettra d‘être efficace dans la réduction des émissions, et d’empêcher un réchauffement global supérieur aux 2 degrés celsius, qui, selon les scientifiques représentent la limite à ne pas dépasser.

EuroNews:
Oui, mais c’est une idée de l’Union européenne, qui apparemment, est totalement isolée.

Stavros Dimas:
A Bali, nous pouvons avant tout nous entendre sur le lancement de négociations, nous entendre sur un processus de négociations, et sur certains éléments qui figureraient dans un futur accord. Et d’ici la fin 2009, nous devrions disposer d’un accord qui nous permette de combattre le réchauffement climatique de façon efficace.

EuroNews:
En termes politiques, et pour atteindre les objectifs que vous avez mentionnés, pensez-vous qu’il est important pour ces pays, comme pour l’Union européenne, de déclarer ouvertement la mort de Kyoto?

Stavros Dimas:
Nous le voyons en ce moment, aux Etats-Unis, au Congrès par exemple et dans certains états, on est en train d’introduire des quotas et des systèmes de droits d‘émission qui selon Kyoto, sont les moyens les plus efficaces de combattre le réchauffement climatique. Par conséquent, nous continuerons à avoir un Kyoto, il aura peut-être un autre nom, mais la structure de base de Kyoto va rester. Et comment nous allons nous y prendre pour que d’autres pays, en particulier les pays en développement, nous rejoignent? C’est un enjeu non seulement pour Bali, mais pour les mois et les années qui viennent.

EuroNews:
L’hiver dernier, vous avez eu une sorte de malentendu, appellons-le comme cela, avec l’un de vos collègues, le commissaire Verheugen, sur les émissions polluantes des voitures. Ne pensez-vous pas qu’il y a là un message contradictoire de la part de la Commission européenne?

Stavros Dimas:
Non, non, je pense que le vice-président Verheugen et moi-même sommes d’accord avec les autres commissaires concernant le changement climatique et notre stratégie sur les véhicules, qui est de réduire leurs émissions polluantes à 130 grammes au kilomètre, grâce à la technologie et à l‘évolution des moteurs, moins 10 grammes supplémentaires, obtenus par d’autres moyens, par exemple l’air conditionné des voitures ou les biocarburants, ce qui fait qu’on pourrait atteindre l’objectif de 120 grammes par kilomètre parcouru.

EuroNews:
Pensez-vous réellement qu’on peut développer les énergies renouvelables sans le nucléaire?

Stavros Dimas:
Les énergies renouvelables, non seulement je le crois mais j’en suis sûr, vont se développer et je suis persuadé qu’elle vont jouer un grand rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique et aussi dans l’orientation de notre industrie au sein de l’Union européenne. L‘énergie nucléaire est quelque chose qui, pour la Commission européenne… Nous sommes neutres, dirais-je. Car il y a certains états membres qui s’appuient beaucoup sur l‘énergie nucléaire, comme la France par exemple. 80 pourcent de son énergie provient du nucléaire. Certains pays comme la Finlande ou d’autres, sont en train de venir au nucléaire, tandis que d’autres sont en train d’en sortir…

EuroNews:
Il y a une sorte,disons, de polémique sur deux types particuliers de maïs transgénique. Le premier, c’est le BT 11, et l’autre c’est le 1507. Vous avez une position particulière. les autres commissaires n’ont pas le même avis. La Commission est apparemment divisée sur cette question. Pouvez-vous nous en dire plus là-dessus?

Stavros Dimas:
Nous avons une tradition au sein de la Commission Barroso, c’est de décider par consensus. Et je suis certain que nous allons trouver la bonne réponse, nous allons prendre la bonne décision. Nous ne connaissons pas les effets à long-terme de la culture de ces deux variétés de maïs.

EuroNews:
Mais, apparemment, l’autorité compétente, l’Agence européenne pour la sécurité alimentaire, n’a pas donné un avis négatif sur ces deux variétés, est-ce vrai?

Stavros Dimas:
En matière de santé, vous avez raison. Concernant les effets à long terme, on a d’autres études qui indiquent qu’il pourrait y avoir des problèmes. Nous devons donc être prudents, parce que si nous avons une contamination aux OGM, alors, il sera très difficile de revenir en arrière. Par conséquent, il y a des différences d’opinion, et cela suscite certains problèmes, car dans certains pays, l’opinion publique est très fortement opposée aux OGM. Mais, encore une fois, ce que nous devons regarder, c’est ce que la science nous dit, toutes nos décisions doivent s’appuyer sur la science.