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Benita Ferrero-Waldner : "l'élection présidentielle russe doit être observée par l'OSCE d'une manière appropriée"

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Benita Ferrero-Waldner : "l'élection présidentielle russe doit être observée par l'OSCE d'une manière appropriée"

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La commissaire européenne aux relations extérieures Benita Ferrero-Waldner est une ex-ministre autrichienne des affaires étrangères. Elle veut renforcer le rôle de la politique de voisinage de l’Union européenne en 2008. Cette politique est basée sur l‘établissement d’accords bilatéraux liant l’Union européenne et ses voisins de l’est et du sud. C’est aussi la première tentative pour doter l’Europe d’une ceinture de sécurité avec des pays qui se situent dans des zones instables comme par exemple le Caucase, le Proche Orient et l’Afrique du Nord. La Russie avait refusé il y a quelques années de faire partie d’un tel système.

Sergio Cantone, Brussels Correspondent Euronews : Bienvenue sur EuroNews Madame la commissaire : tout d’abord êtes-vous soucieuse par rapport à la situation en Russie; la situation actuelle ?

Benita Ferrero-Waldner/EU Commissioner for External Relations : Bon j’aimerais dire comme je l’ai fait clairement après l‘élection, que c’est la globalité du processus électoral qui doit être considérée et au cours de ce processus on a vu que les droits de l’assemblée mais aussi la liberté de la presse n‘étaient pas respectés complètement, et ceci a été confirmé par le Conseil de l’Europe et aussi par l’OSCE qui s’est élevée contre cette situation.

Euronews : Que dire des allégations de manipulation des bulletins de vote ou d’abus électoraux ?

Benita Ferrero-Waldner : Bon, je n’ai fait que lire ce que ces observateurs ont dit et ils ont relevé pendant la campagne électorale et aussi le jour du scrutin que des évènements négatifs s‘étaient produit comme par exemple l’arrestation de politiciens de l’opposition, de membres d’ONG et aussi d’autres types de fraudes.

Euronews : L’Europe ne semble pas avoir une position unique par rapport à ça. Comment faire avec ce genre de situation quand on est commissaire ?

Benita Ferrero-Waldner : Premièrement j’aimerais dire que nous, en tant qu’institutions de l’Union européenne, avons réagi dans un même message et je pense que c’est très important. Deuxièmement, je pense que la Russie reste un partenaire très important pour nous et aussi un voisin. C’est un partenaire stratégique pour nous donc nous travaillons avec la Russie, mais je pense que ce que nous aimerions voir par exemple c’est que la prochaine élection présidentielle russe puisse être maintenant observée par l’OSCE d’une manière vraiment appropriée.

Euronews : Parce que même si on regarde une carte, l’espace de la politique européenne de bon voisinage, correspond à cet espace que les russes appelaient il y a quelques années “le proche étranger”.

Benita Ferrero-Waldner : Bon, c’est la partie à l’est de notre politique de voisinage, mais vous savez, la politique de voisinage est la politique qui concerne tous les voisins de l’Union européenne élargie, ce qui veut dire qu’il y a aussi une partie sud qui est le bassin méditerranéen, excepté pour le pays candidat à l’adhésion qu’est la Turquie.

Euronews : Que pensez-vous du projet d’Union méditerranéenne proposée par le Président français Nicolas Sarkozy ? Pensez-vous que cela soit complémentaire de la politique de voisinage ?

Benita Ferrero-Waldner : Je pense qu’on peut être favorable à ce projet aussi longtemps que “l’acquis” : c’est à dire ce que nous avons déjà réalisé, reste et ça c’est le processus de Barcelone, c’est la politique de voisinage. En complément de cela, on peut voir ce qui peut être fait pour renforcer notre politique ou pour lui ajouter de la valeur.

Euronews : Pourquoi 2008 va être une année importante pour la politique de voisinage ?

Benita Ferrero-Waldner : Je pense que ce sera très important parce qu’on veut vraiment que cette politique devienne une réalité dans la vie quotidienne de tous les jours pour les citoyens des pays partenaires. Mais on veut aussi montrer à nos propres citoyens qu’avoir plus de stabilité, de prospérité, et de sécurité, peut seulement être possible si nous travaillons ensemble. Prenons l’immigration par exemple. Si nous aidons nos voisins, ils voudront certainement rester dans leur propre pays, créér des emplois sur place, réunir les conditions de vraiment s’occuper de leur famille, plutôt que de venir ici et donc, le dossier de l’immigration est lié de très près à la question de l’amélioration des relations commerciales avec ces pays.

Euronews : S’agit-il d’une sorte de deuxième cercle ? D’une future Europe elle-même à deux vitesses ? Un deuxième ou un troisième cercle ?

Benita Ferrero Waldner : Je pense que ce que nous avons voulu éviter ce sont les divisions en Europe mais aussi avec nos voisins immédiats. Ce que nous voulons faire c’est vraiment…..nous voulons créer cet anneau d’amis autour de nous, mais des amis qui sont sur la même ligne, qui sont au même niveau. Donc nous devons les aider à atteindre ce niveau.

Euronews : Juste une dernière question : est-ce que l’Union européenne a le souci de ne pas passer pour une forteresse ?

Benita Ferrero Waldner : Absolument, et pas seulement parce que nous ne voulons pas ressembler à une forteresse. Nous ne sommes pas une forteresse. Ce qu’on veut c’est voir où les ponts peuvent être construits et je pense que la politique de voisinage constitue un pont très solide, très ferme en direction de nos voisins immédiats”.