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Benazir Bhutto tuée dans un attentat

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Benazir Bhutto tuée dans un attentat

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L’ex-premier ministre pakistanaise a été la cible d’un attentat qui a eu lieu cet après-midi dans la banlieue d’Islamabad et qui a fait au moins seize autres morts. A l’issue d’un meeting de Benazir Bhutto, un homme s’est approché d’elle, et a tiré des coups de feu avant de se faire exploser.

Apres huit ans d’exil, Benazir Bhutto était rentrée au Pakistan en octobre. Un moment plein d‘émotion pour l’ancien Premier ministre de 54 ans, qui voulait se présenter aux élections de janvier, et devenir l‘égérie du retour à la démocratie.

“Les gens que vous voyez derrière moi donnent la vraie image du Pakistan, avait-elle déclarée à son retour. Ce sont les représentants des classes moyennes et des classes ouvrières qui travaillent dur et qui veulent avoir le pouvoir de construire une nation moderne et modérée, ou tous sont égaux, c’est le vrai Pakistan, et si nous avons la démocratie, c’est vraiment le visage du Pakistan que le monde veut voir, pas celui des extrémistes qui ont proliféré sous la dictature.”

Le retour de la fille prodigue avait été secrètement négocié avec le régime militaire du général Musharraf. Benazir Bhutto incarnait une sorte de légitimité dont le régime avait, et a toujours besoin pour isoler les extrémistes religieux et mener la lutte contre le terrorisme islamiste.

Alliée potentielle du général Musharraf dans sa quête de légitimité… ou rivale dérangeante? En tout cas, Benazir Bhutto le laissait entendre quand elle dénonçait la présence de terroristes infiltrés dans la police, dont trois auraient posé la bombe qui a visé son camion blindé le 18 octobre à Karachi.

139 personnes avaient alors été tuées sur la route d’un meeting que Benazir Bhutto devait tenir… L’ex-Premier ministre, cette fois, avait échappé à la mort. Cet attentat n’a pas brisé la détermination de celle dont la carrière politique fut faite de hauts et de bas, et qui appartenait à une dynastie politique frappée par la fatalité.

Son père, Zulfikar Ali Bhutto, était Premier ministre dans les années 70, le premier chef d’un gouvernement civil depuis l’indépendance, lorsqu’il fut incarcéré et exécuté en 1979 par le général putschiste Zia ul-Haq. Elle s‘était rendue sur sa tombe le 27 octobre, là aussi le discours fut politique : “Mon père avait coutume de dire que les Pakistanais étaient ses héritiers politiques, qu’ils étaient ses fils et ses filles”.

Après avoir composé avec le régime, Benazir Bhutto avait choisi la confrontation avec le général Musharraf. Un changement de stratégie qui avait surpris autant le gouvernement que l’opposition.