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Kenya : calme précaire et escalade verbale

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Kenya : calme précaire et escalade verbale

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Le Kenya retrouve un semblant de calme après quatre jours d‘émeutes. Les violences ont baissé d’intensité, mais la situation reste très tendue. Les manifestations se poursuivent malgré la répression.

Le Bilan est lourd. Plus de 300 personnes ont trouvé la mort dans les affrontements qui ont suivi la réélection contestée de Mwai Kibaki à la présidence fin décembre. Ajoutant au chaos, le président de la commission électorale a affirmé devant la presse qu’il n‘était pas sûr qui Kibaki ait gagné, et ce malgré la proclamation des résultats officiels. Le pays est plongé dans la consternation depuis l’incendie d’une église où s‘étaient réfugiés plusieurs centaines de Kikuyus.

Le chef de l’opposition Raila Odinga dénonce les massacres : “C’est un génocide à grande échelle. Les forces de sécurité de monsieur Kibaki tirent sur des civils innocents qui ne font qu’exprimer leur droit démocratique de dénoncer le trucage des élections”.

Mwai Kibaki de son côté accuse l’opposition d’orchestrer les massacres interethniques. Le président kenyan a convoqué le nouveau parlement. Son porte-parole fait le point : “Tout d’abord et avant tout, les élections sont terminées. Notre constitution indique que lorsque la commission électorale a proclamé les résultats et que ces résultats ne sont pas acceptés, alors il faut se tourner vers la Haute Cour”.

Raila Odinga refuse de parler avec Mwai Kibaki. Il s’est prononcé en faveur d’une médiation internationale. Dans l’ouest du pays, vers la frontière de l’Ouganda, l’eau et les vivres commencent à manquer. 75.000 kenyans ont fuit leurs domiciles. Une vaste crise humanitaire se profile à l’horizon.