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Violences ethniques au Kenya : les soupçons de fraude ont mis le feu aux poudres

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Violences ethniques au Kenya : les soupçons de fraude ont mis le feu aux poudres

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Majoritaire démographiquement et dominante économiquement : l’ethnie Kikuyu, dont est issu Mwai Kibaki, pèse de tout son poids dans le pays depuis la lutte pour l’indépendance. Le président du Kenya est d’ailleurs un vétéran de la politique et un économiste reconnu.

En face, celui qui l’accuse d’avoir volé les élections est Luo, la deuxième ethnie du pays. Emprisonné pendant 9 ans pour son engagement politique, Raila Odinga incarne l’opposition irréductible, comme son père avant lui à ce régime issu de l’indépendance.

L’appartenance ethnique a un poids réel en politique au Kenya. Selon une étude effectuée avant les élections du 27 décembre, près de 40% des Kényans considéraient l’origine ethnique d’un candidat déterminant pour leur choix.

Pourtant rien ne présageait un tableau si sombre dans un pays considéré comme un modèle de stabilité en Afrique de l’Est.

Plus de 40 ethnies différentes composent le pays, dont les Kalenjin, les Luyias et les Masai. Les Kikuyus qui représentent 22% de la population s‘étendent autour du Mont Kenya, dans la province centrale. Les Luos,implantés sur les rives du lac Victoria sont 13%.

Mais le facteur ethnique n’explique pas à lui seul l’explosion de violences de ces derniers jours. Les soupçons de fraude électorale ont réveillé des frustrations nourries par la misère. L’extrême pauvreté qui règne dans les bidonvilles de la capitale qu’ils soient peuplés de Luos, de Kikuyus ou autres a crée des poudrières.

Le Kenya affiche pourtant des performances économiques sous le mandat de Kibaki :
le taux de croissance est passé de 3% en 2003 à 6% en 2006. Les revenus du tourisme ont redécollé après le traumatisme des attentats d’Al-Qaida. Et grâce à la gratuité de la scolarité dans le primaire depuis 2003, 1,5 million d’enfants ont pu être scolarisés.

Malgré ces avancées, 50% de la population vit dans l’extrême pauvreté. Et 10% de Kényans les plus riches se partagent 42% des richesses du pays.

L‘économie a été un thème central lors de la campagne électorale. La lutte contre la corruption, aussi. Le président Kibaki qui en avait pourtant fait son cheval de bataille en 2002, n’a pas tenu ses promesses. Le gouvernement a été critiqué sur la scène internationale pour sa lenteur à combattre ce fléau. La corruption gangrène plusieurs secteurs de la société et l’impunité règne encore.