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Accords avec la Russie : Sofia veut renforcer sa position stratégique

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Accords avec la Russie : Sofia veut renforcer sa position stratégique

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Vladimir Poutine empoche de gros contrats énergétiques, en échange la Bulgarie espère renforcer sa position stratégique dans les Balkans, et augmenter son poids sur la carte énergétique européenne.

La signature in extrémis d’un accord sur le projet de gazoduc South Stream est l’avancée la plus inattendue, et pèse lourd, 1,4 milliard d’euros, la part pour le tronçon qui traversera la Bulgarie.

Le South Stream qui reliera la Russie et l’Europe du sud-est est un projet de l’italien ENI et du russe GAZPROM, et représente un investissement global de 10 milliards d’euros. Il pourrait priver de sens Nabucco le projet de gazoduc de l’Union Européenne, dont le tracé contourne la Russie en passant par la Turquie, pour acheminer le gaz venant de la Caspienne, voire d’Asie centrale.

Avec Nabucco, l’UE vise à réduire la dépendance énergétique des européens vis-à-vis de la Russie, qui actuellement fournit 25% de leurs besoins en gaz. Son concurrent, le South Stream pourra livrer jusqu‘à 30 milliards de mètres3 par an aux marchés européens.

La Bulgarie a aussi signé un énorme contrat de 4 milliards d’euros avec le groupe russe
Atomstroyexport pour la construction d’une centrale nucléaire à Belene, sur le Danube, au nord du pays. Il s’agit de la première réalisation nucléaire de la Russie dans un état de l’Union Européenne.

La nouvelle centrale doit démarrer en 2013 et rester en exploitation pendant 60 ans. Elle permettra à la Bulgarie de retrouver sa position de grand exportateur d‘électricité dans la région. Elle l’avait perdue avec la fermeture partielle fin 2006 de la centrale atomique de Kozlodouy, sur demande de l’UE pour des raisons de sécurité. C‘était un préalable avant l’adhésion de la Bulgarie le 1er janvier 2007.

Des accords qui ont soulevé les critiques de l’opposition en Bulgarie. Les conservateurs reprochent au gouvernement bulgare de jouer le rôle de “cheval de Troie” de la Russie au sein de l’Union Européenne, pour qu’elle renforce son influence dans la région.