DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Plus de 50 ans après sa mort, Sergueï Prokofiev continue d'inspirer

Vous lisez:

Plus de 50 ans après sa mort, Sergueï Prokofiev continue d'inspirer

Taille du texte Aa Aa

Une partition oubliée du compositeur russe est au coeur du dernier ballet créé par le Danois Kim Brandstrup. La chorégraphie est née presque par accident au détour d’une lecture. “J‘étais en train de lire un article d’un magazine de musique, confie le chorégraphe, et je vois écrit en tout petit au bas d’une page que certaines partitions écrites par Prokofiev dans les années 30 n’avaient jamais été utilisées. Soit parce que les films auxquels elles étaient destinés ne se sont pas faits, soit parce qu’ils ont été interdits par Staline. Cela m’a rendu curieux, en particulier à propos d’une musique écrite pour l’opéra La Dame de Pique d’après Pouchkine. J’ai donc cherché ça et j’en ai trouvé une photocopie dans les archives de Prokofiev au Goldsmiths College de Londres”. Dès le plus jeune âge Kim Brandstrup est fasciné par le cinéma. Pour le livret du ballet, le chorégraphe s’est également inspiré de Dostoïevski et du réalisateur Eisenstein. “A l’origine j’ai vu Ivan le Terrible à l‘âge de 15 ans, et ça m’a vraiment impressionné, raconte Kim Brandstrup. Je ne pense pas avoir jamais vu depuis ce genre de théâtralité dans un film. Cette façon de bouger très chorégraphiée. C’est plus un opéra ou un ballet qu’un film. Je pense que cette expérience est restée en moi. Mon envie si forte de travailler avec Prokofiev vient de ce film en particulier”. Le chorégraphe a fait appel au compositeur britannique Michael Berkeley pour compléter la partition à partir de la vingtaine de brouillons laissés par Prokofiev. Le résultat programmé au théâtre de Covent Garden à Londres : une demie-heure d’une danse sensuelle et dramatique menée par Carlos Acosta, Laura Morera et Alina Kojocarou.