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Les priorités françaises éclipsées par la crise institutionnelle

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Les priorités françaises éclipsées par la crise institutionnelle

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La France voulait aller vite en besogne sur un certain nombre de dossier européens. Mais la voilà coupée dans son élan par une nouvelle crise institutionnelle. La résoudre sera sa priorité. D’autant que le non irlandais la contraint à mettre entre parenthèses des projets comme la relance de la défense européenne, peu compatible avec l’attachement de l’Irlande à sa neutralité. L’analyse de l’expert européen Daniel Gros :

“Le défi qui se pose peut-être au Président français, c’est de faire preuve de patience : il n’y a pas grand chose que les Français puissent faire pour influencer les événements en République tchèque et en Pologne, deux pays où la ratification est en attente. Il en va de même pour l’Irlande. Mais si ils se montrent patients, avec un peu de chance, d’ici la fin de l’année, nous pourrions avoir une solution au problème irlandais, avec un second réféfendum.”

Autre épine dans le pied de l’Europe, même si elle n’est pas la seule à en souffrir : la flambée des prix alimentaires et celle des prix du pétrole. La première servira d’argument à la France pour défendre une agriculture forte alors le dossier de la Politique agricole commune doit être rouvert. Sur le pétrole en revanche, difficile d’apporter des réponses à l‘échelle européenne. De fait, la proposition française d’un plafonnement de la TVA ne convainc pas ses partenaires :

“Le problème majeur à l’heure actuelle, c’est le prix élevé du pétrole, et il n’y a rien que l’Union européenne puisse faire pour pousser les prix à la baisse. Opérer un changement fiscal ici ou là, transférer le fardeau d’un consommateur à un autre, cela ne contribue pas vraiment à solutionner le problème. Et si Sarkozy tentait de pousser l’UE dans cette voie, cela pourrait s’avérer très dangereux.”

C’est finalement sur le dossier de l’immigration que la France a le plus de chances d’avancer. Dès la semaine prochaine, elle mettra sur la table son pacte pour l’immigration. Objectif : placer l’Union sur la voie de l’immigration choisie, en mettant fin aux régularisations massives de sans-papiers et en renforçant les contrôles aux frontières.