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l'OMC cherche un accord après 7 ans de négociations

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l'OMC cherche un accord après 7 ans de négociations

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Nous sommes en novembre 2001. 2 mois après les attentats du 11 septembre, les membres de l’OMC se réunissent à Doha. Leur objectif : s’attaquer à la pauvreté, berceau du terrorisme. Leur stratégie : faire profiter les pays en développement des bénéfices de la mondialisation. L’OMC s’attaque alors aux subventions et aux droits de douanes mis en place au Nord, défavorables aux pays du Sud.

A l‘époque, Robert Zoellick représentait les Etats-Unis. Pour lui ces mesures faisaient consensus entre Nord et Sud. ‘‘Nous nous sommes rapprochés, en véritables partenaires pour tenter de faciliter l’accès au marché mondial et réduire voire éliminer les subventions allouées à nos économies et à l’export. Ces aides faussent le commerce’‘, expliquait-il

Mais les bonnes intentions se heurtent alors à de véritables écueils. Les négociations trainent en longueur et sont interrompues en 2006 avant de reprendre un an plus tard. Les tractations sont intenses pour fixer les nouvelles règles. Car l’organisation mondiale du commerce compte aujourd’hui 152 membres dont il faut accorder les positions. D’autant plus que le cycle de Doha concerne des milliers de produits dans 3 secteurs : l’industrie, les services et l’agriculture.

Dans ce dernier domaine, les pays du Nord ont décidé de supprimer toute subvention à l’exportation d’ici 2013.

Dans un délai de 5 ans, ils pourraient également réduire les aides à la production agricole. De 75% à 85% pour l’Union européenne selon le plan prévu par l’OMC. De 66 à 73% pour les Etats-unis. De 50 à 60 % pour les autres pays développés.

Pour les économies émergentes, l’agriculture reste un secteur clé même si elle ne représente que 8% des échanges mondiaux. Plusieurs pays du Sud jugent ainsi les efforts des pays riches insuffisants. Mais au Nord, cet accord est parfois perçu comme dangereux, notamment en Irlande, comme l’explique le ministre des Affaires européennes de Dublin. ‘‘L’agriculture est une industrie très importante pour notre pays. Les secteurs fondamentaux ne peuvent pas faire l’objet d’un tel marchandage.’‘

Les pays développés jugent également que leurs concessions ne sont pas compensées. Dans l’industrie les droits de douanes devront ainsi baisser. Mais les pays émergents auront 10 ans pour s’adapter contre 5 pour les états du Nord.

Pour eux, la concurrence serait donc faussée. Les économies du Sud pouvant protéger certaines de leurs industries comme l’automobile de façon déloyale.