DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Karadzic, du rêve de grande Serbie au TPI

Vous lisez:

Karadzic, du rêve de grande Serbie au TPI

Taille du texte Aa Aa

Treize ans que la communauté internationale le traquait, autant d’années que les musulmans bosniaques attendaient ce moment. Si Radovan Karadzic a pu si longtemps se terrer et échapper à la justice internationale c’est qu’aux yeux de nombreux serbes bosniaques il reste un héros, un symbole du rêve brisé de la grande Serbie.

Né le 19 juin 1945, de parents monténégrins, Karadzic a incarné ce rêve aux yeux des serbes de Bosnie qui se voyaient déjà contrôler le territoire et rallier la mère patrie après l’indépendance de la Bosnie. Radovan Karadzic, l’homme au CV étonnant. A 15 ans, il quitte les montagnes du Monténégro pour s’installer à Sarajevo avec ses parents, il y devient médecin, puis psychiatre dans les années 60. Et aussi poète. La légende veut qu’il tombe sous l’influence de d‘écrivain nationaliste Dobrica Cosic qui l’encourage à entrer en politique. Il le fait quelques années plus tard en devenant co-fondateur du SDS le parti démocratique de Serbie.

Après l’indépendance de la Bosnie, la résistance s’organise dans le camp serbe, Karadzic déclare la création de la Republika Srpska et s’auto proclame président. A ce titre il est aussi le chef des armées et c’est là dès 1992 qu’avec son acolyte, le général Ratko Mladic il va entreprendre une politique d‘épuration ethnique. Lui qui avec Mladic décide notamment du massacre de Srebrenica en juillet 1995 dans lequel près de 8000 musulmans ont péri. Au printemps 2005, la découverte de cette vidéo montrant les exécutions des otages de Srebrenica avait accentué la pression sur Karadzic

Parmi les chefs d’accusation aussi, la prise d’otage au printemps 95 des casques bleus exhibés sur les télés du monde entier dont les serbes se sont servis comme bouclier humain pour empêcher le bombardement de leurs positions.

Joueur d‘échecs invétéré, flambeur, Karadzic aura joué au chat et à la souris avec la justice internationale pendant plus d’une décennie. Washington avait promis 5 millions de dollars pour toute information permettant de l’arrêter. Une arrestation qui est désormais effectuée.