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La chute du ''boucher de Sarajevo''

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La chute du ''boucher de Sarajevo''

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On voyait leurs portraits sur des affiches. Radovan Karadzic au côté de Ratko Maldic et 5 millions de dollars de récompense pour toute information aidant à leur capture. C‘était en 2002, les anciens chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie étaient encore en cavale.

Les 2 hommes étaient alors recherchés pour des exactions pendant la guerre de Bosnie entre 1992 et 1995, accusés notamment de crimes contre l’humanité.

L’horreur, Radovan Karadzic l’avait annoncée devant le Parlement de Bosnie en février 1992. Une mise en garde contre l’indépendance qu’il s’apprêtait à proclamer. ‘‘Vous risquez d’emmener la Bosnie vers l’enfer et le peuple musulman vers son extinction. Car les Musulmans ne pourront pas se défendre si il y a une guerre ici.’‘

Mais la Yougoslavie se disloque en 6 républiques. Dans le sillage de son mentor, Slobodan Milosevic, Radovan Karadzic veut créer une grande Serbie en rattachant son territoire à des zones peuplées de Serbes en Croatie et en Bosnie où ils représentent 44% de la population.

L’offensive est donc lancée en Bosnie. Une guerre qui fera 200.000 morts et 1 million de déplacés. Symbolisée par le siège de Sarajevo. 43 mois de siège, le plus long imposé à une ville au 20è siècle. La ville est pilonnée sous les ordres de Karadzic surnommé ‘‘le boucher de Sarajevo’‘. Le 28 août 1995 le marché de Markale est bombardé alors qu’il est bondé de monde. L’attaque fait près de 40 morts et des dizaines de blessés.

Dans le même temps, Karadzic défie la communauté internationale et l’OTAN. Des casques bleus déployés en Bosnie sont pris en otage. Ils seront utilisés comme boucliers humains par leurs geôliers pour empêcher les bombardements des positions militaires serbes.

Mais le pire se déroule à Srebrenica. Radovan Karadzic donne l’ordre de prendre la ville, déclarée zone de sécurité par l’ONU. Les hommes sont séparés des femmes et des enfants. Ils sont ensuite assassinés. L’apogée du nettoyage ethnique causera la mort de 8000 musulmans. Devant l’horreur la communauté internationale doit réagir.

En décembre 1995, les accords de paix de Dayton sont signés par les leaders serbes, croates et bosniaques. Radovan Karadzic s’y oppose. Il est alors mis à l‘écart par Slobodan Milosevic.

Les accords de Dayton signent toutefois la partition de la Bosnie Herzégovine entre la Fédération croato-musulmane et la Republika Srspka surnommée ‘‘le domaine de Karadzic’‘ qui obtient ainsi une partie de ce qu’il souhaitait. Mais en 1996, il renonce à la présidence des Serbes de Bosnie. Le Tribunal pénal international vient de l’inculper et il entre en clandestinité. Fort d’un puissant réseau de fidèles, Radovan Karadzic tire encore les ficelles du pouvoir.

Pendant 12 ans, il aura échappé à la justice, refusant de se rendre, malgré l’appel lancé par sa femme en 2005. ‘‘Je te demande de prendre cette décision et de le faire pour nous tous. Cet appel est la seule chose que je puisse faire. Je t’en supplie…’‘