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Turquie : une crise et des répercussions

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Turquie : une crise et des répercussions

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La crise a débuté en janvier en Turquie. Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan propose alors d’autoriser le port du voile islamique dans les universités.

Levée de boucliers dans le camp laïc, notamment dans l’armée : Abdullah Gül, le président, et Recep Tayyip Erdogan sont alors accusés de vouloir transformer le pays en état islamique. Ils risquent aujourd’hui de perdre leur place.

Le port du voile est un sujet particulièrement sensible dans ce pays majoritairement musulman mais très attaché à la laïcité.

Ce week-end Recep Tayyip Erdogan a tenté d’apaiser la crise en évoquant ‘‘des erreurs’‘ de son gouvernement. Mais pour cet analyste politique le mal est fait : ‘‘Le gouvernement réalise actuellement qu’il s’est trompé. Désormais la question qui se pose c’est comment sortir de cette stratégie pour retrouver une vie démocratique normale.’‘

L’AKP dénonce une tentative de ‘‘coup d‘état judiciaire’‘ dirigée par l’armée. Car pour les généraux c’est l’identité de la Turquie laïque héritée d’Atatürk dont ils s‘érigent en défenseurs qui est en jeu. Mais si l’on en croit ce spécialiste de l’Islam cette analyse n’a aucun fondement historique.

‘‘Depuis qu’un parti islamiste a pris le pouvoir en Turquie, les laïcs ne cessent de dire que l’AKP va supprimer des libertés en se basant sur la Charia. Mais ils oublient que même sous l’empire ottoman, personne n’a jamais été condamné au nom de la Charia en Turquie.’‘

Et l’AKP a aussi ses partisans qui sont descendus dans la rue pour lui exprimer leur soutien. 47 % des électeurs ont voté pour lui lors des législatives l’an dernier. Un score alimenté par la bonne santé économique de la Turquie qui a enregistré 4,5 % de croissance en 2007 et 6 % en 2006.

L’Union européenne suit elle aussi attentivement la situation. Le commissaire chargé de l‘élargissment a dénoncé la procédure de la cour constitutionnelle. Les 27 y voient une atteinte à la démocratie. Ce qui pourrait renforcer le camp des opposants à l’entrée d’Ankara dans l’Union européenne.