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Relations à haute tension entre l'OTAN et la Russie

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Relations à haute tension entre l'OTAN et la Russie

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Le dernier sommet de l’OTAN à Bucarest en avril dernier avait eu pour Vladimir Poutine, alors président de la Russie, un petit goût de victoire personnelle. Sous sa pression, les 26 pays membres avaient décidé de ne pas accorder pour l’heure à la Géorgie le statut de candidat à l’adhésion. Désireux de ménager Moscou, la France et l’Allemagne, notamment, s‘étaient montrés prudents sur la question.

La Russie regarde de longue date l‘élargissement de l’OTAN avec suspicion. Les candidatures de la Géorgie et de l’Ukraine, partenaires privilégiés des Etats-Unis dans la région, constituent pour elle une ligne rouge a ne jamais franchir.

L’offensive de Tbilissi pour reprendre le contrôle de l’Ossétie du sud sert en quelque sorte de révélateur pour l’Alliance atlantique. Dans l’hypothèse d’un nouveau conflit entre la Russie et une Géorgie membre de l’OTAN, tous les pays de l’Alliance serait en effet tenus de voler à son secours en vertu de la clause de solidarité.

Une crainte que Moscou a su attiser. Le président de la commission parlementaire russe des affaires étrangères Konstantin Kosachev s’interroge :
“ Nous ne comprenons pas en quoi cette adhésion à l’OTAN pourrait fournir de meilleures conditions, de meilleures options pour combattre le terrorisme international, la prolifération des armes nucléaires, pour faire face à tous les autres défis et menaces auxquels nous sommes confrontés.”

L’Alliance atlantique est en fait divisée sur la stratégie à adopter à l’égard de l’Ukraine et de la Géorgie.

Les membres occidentaux de l’Alliance sont d’abord préoccupés par leur dépendance énergétique à l’égard de Moscou.

Les membres de l’Europe centrale et orientale s’inquiètent, eux, du nationalisme russe et défendent l’entrée rapide de la Géorgie et de l’Ukraine dans l’OTAN. “ L’Ukraine semble déterminée, estime Masha Lipman, analyste au centre d‘études Carnegie. Cependant, je pense que ce qui se passe en Géorgie peut amener les dirigeants et le peuple ukrainiens à reconsidérer leur volonté d’adhérer à l’OTAN. A présent, la Russie a la capacité de déstabiliser l’Ukraine ce qui serait une terrible évolution en Europe.”

La Géorgie a vocation à entrer dans l’Otan, a promis récemment Angela Merkel. Mais Rome, Paris, Madrid et Bruxelles ne veulent surtout pas créer un front commun antirusse. La fin de la guerre en Géorgie n’est pas encore écrite.