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Géorgie: Les Occidentaux paient le prix de l'indépendance du Kosovo

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Géorgie: Les Occidentaux paient le prix de l'indépendance du Kosovo

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Le 17 février 2008, le Kosovo proclame son indépendance. Contre l’avis de la Serbie et de son alliée traditionnelle la Russie, la province serbe à majorité albanaise est reconnue comme un Etat à part entière par les chancelleries occidentales. Un coup de force dénoncé par la Russie qui met alors en garde contre un effet dominos. Un avertissement lancé par Vladimir Poutine quatre jours seulement après la déclaration d’indépendance du Kosovo, en présence des présidents ukrainien et géorgien :“Le précédent de l’indépendance du Kosovo est grave de conséquences. Il brise fondamentalement le système des relations internationales formé non pas seulement depuis une décennie mais depuis un siècle. Et ce précédent pourra donner suite à un enchaînement de conséquences imprévisibles. Ceux qui font cela, calculent mal les conséquences de leur acte. Finalement, ce sera un retour de bâton qui les touchera de plein fouet.”

Six mois plus tard, les Occidentaux paient le prix de cette indépendance: la Russie reconnait les deux régions séparatistes de Géorgie et souffle le chaud et le froid dans la région. Dmitri Medvedev a ainsi mis en garde son homologue moldave contre toute intervention en Transdniestrie, région séparatiste pro-russe de Moldavie. Dans le même temps, il l’a rassuré: le précédent ossète et abkhaze ne sera pas appliqué à cette république autoproclamée depuis 1991. En clair, si la Moldavie continue à renoncer à adhérer à l’OTAN, Moscou restera à l‘écart. L’avertissement de la Russie vaut aussi pour le voisin ukrainien, allié de Washington et pressé d’adhérer à l’Alliance atlantique.

Six mois après l’indépendance du Kosovo, Moscou tient aujourd’hui sa revanche, non seulement vis-à-vis de l’ex-province serbe mais aussi de l’intervention occidentale à Belgrade en 1999.
Mais en s’empressant de reconnaître les régions séparatistes géorgiennes, la Russie a certes démontré sa force mais se met aussi à dos la communauté internationale, une situation qui n’est pas sans risque…