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Les soucis du bâtiment de Strasbourg relancent le débat sur le siège unique

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Les soucis du bâtiment de Strasbourg relancent le débat sur le siège unique

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Les eurodéputés ont bien failli ce jour-là voir le ciel leur tomber sur la tête. Le 7 août, fort heureusement en pleine trêve estivale, le faux plafond de l’hémicycle à Strasbourg s’effondrait. Depuis, la capitale alsacienne a mis les bouchées doubles pour le remettre en état. Mais c‘était sans compter avec les nouvelles malfaçons découvertes dans le bâtiment. Résultat : la prochaine session du Parlement européen fin septembre aura lieu à Bruxelles, tout comme celle de la rentrée cette semaine. Du grain à moudre pour les partisans d’un seul siège qui dénonçent les navettes permanentes entre Strasbourg et Bruxelles. Joseph Daul, chef de file du Parti populaire européen, ne veut pas en entendre parler :

“Un député européen qui veut siéger à Bruxelles et uniquement à Bruxelles n’est pas honnête. Un député européen est obligé de voyager et si je veux voir la banque centrale à Francfort, je vais à Francfort. Je suis obligé d’aller au Luxembourg si je dois aller à la Cour européenne de justice. Pour les vétérinaires, je suis obligé d’aller à Dublin. L’agence alimentaire, je vais la voir à Parme, et donc un député européen ne peut travailler et siéger uniquement à Bruxelles.”

Le système du double siège est inscrit dans les traités, et pour le changer il faudrait l’unanimité des Vingt-sept. Des eurodéputés casqués faisaient campagne mardi pour le siège unique et ont réuni 1,2 millions de signatures. Mais il en faudra plus pour quitter Strasbourg :

“Les citoyens européens doivent savoir que leurs impôts sont gâchés dans des choses insensées. Il ne s’agit pas de la gloire de la France, il ne s’agit pas des traités, mais il s’agit d’une politique qui doit s’adapter à son époque. Nous vivons à une époque de changement climatique, nous vivons au temps de l’efficacité énergétique. Comment pouvons-nous demander aux citoyens de se serrer la ceintures alors que nous, députés, faisons la navette comme des fous entre Strasbourg et Bruxelles ?”

Le coût de cette transhumance des 785 eurodéputés et 3000 fonctionnaires, assistants et interprètes se monterait à 200 millions d’euros annuels. Son coût en émissions polluantes serait de 20.000 tonnes de dioxyde de carbone. Mais à Strasbourg, ce sont des pans entiers de l‘économie locale qui sont en jeu, depuis les taxis jusqu’aux hôtels.