DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Le fichier de police Edvige fortement contesté

Vous lisez:

Le fichier de police Edvige fortement contesté

Taille du texte Aa Aa

Edvige n’est pas le nom d’un nouvel ouragan mais bien d’une tempête politique qui souffle en France. Il s’agit d’un nouveau fichier de police qui permet de collecter des informations à caractère personnel sur toute personne susceptible de troubler l’ordre public, et ce dès 13 ans. Une pétition, signée par plus de 130.000 opposants, circule et le gouvernement recule.

“La plupart des personnes reconnaissent qu’il y a des garanties, indique la ministre française de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, mais elles disent que rien ne les assure qu’elles seront mises en oeuvre, eh bien on peut formaliser ces garanties dans un texte par exemple. On peut limiter le temps pendant lequel les indications seront maintenues dans le fichier”. Pour désamorcer la polémique, le président français demande à la ministre de l’Intérieur de retirer du fichier les informations sur la sexualité ou la santé. Le collectif “Non à Edvige” réclame la disparition du fichier, avec des arguments. “S’agissant du fichage des mineurs, réagit Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la Magistrature, c’est sans doute la marque d’une société qui considère une partie de sa jeunesse comme étant d’abord et avant tout une menace”. “Inscrire dans un fichier à l’insu de la personne qu’elle est homosexuelle, qu’elle est séropositive ou qu’elle a telle ou telle origine ethnique, se questionne Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l’Homme, à quoi cela peut-il bien servir dans une démocratie ?”

C’est le Conseil d’Etat qui tranchera en décembre prochain. En attendant, le collectif “Non à Edvige”
maintient la pression : une journée d’action aura lieu le 16 octobre, jour de la Sainte Edvige. Jamais un pays européen n’a autant élargi le fichage de ses citoyens. Dans de nombreux Etats, des bases de données génétiques recensent les empreintes et l’ADN des criminels. En Grande-Bretagne, la loi autorise même le fichage de tout individu arrêté par la police, même s’il n’a pas été inculpé. Mais pour la collecte des informations à caractère personnel, seule la Suède la pratique presque naturellement au nom de son principe de transparence.