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Début du procès de l'Angolagate au tribunal correctionnel de Paris

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Début du procès de l'Angolagate au tribunal correctionnel de Paris

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Pour cette vaste affaire de trafic d’armes de guerre à destination de l’Angola dans les années 90, c’est un procès fleuve et très politique qui s’est ouvert et qui devrait durer jusqu’en mars. 42 personnes doivent répondre de leur rôle dans cette affaire, dont plusieurs personnalités politiques ou intellectuelles de renom soupçonnées d’avoir encaissé des pots de vins.

C’est dans cet hôtel particulier parisien que tout a commencé : le siège social de la Branco trading, une société créée en 1985 par le milliardaire franco-brésilien Pierre Falcone, et spécialisée dans le commerce de pétrole et d’armes. En 1993, l’Angola replonge dans la guerre civile et la capitale est menacée par les rebelles de l’Unita. Le président Dos Santos a besoin d’armes et de vivres. L’aide qu’il demande à l’Elysée puis au Quai d’Orsay obtient une fin de non recevoir.

Mais “l’affaire” arrive entre les mains de ces deux hommes d’affaires, Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak, aujourd’hui réfugié en Israël. Ils vont revendre à prix d’or du vieux matériel militaire soviétique, payé par l’Angola grâce au pétrole, et réaliser ainsi des marges allant jusqu‘à 50%.

Ils vont recevoir l’aide, à titre d’intermédiaire de Jean Christophe Mitterrand, fils de l’ancien président et ex-conseiller pour les affaires africaines à l’Elysée. Il est arrêté puis libéré après 21 jours de detention en 2001 après que sa mère ait versé une caution de 33 000 euros.

Egalement sur dans le box des accusés Charles Pasqua ancien président du conseil général des Hauts-de-Seine et ministre de l’Intérieur, et Jean- Charles Marchiani, son conseiller et préfet du Var à l‘époque des faits, pour leur lobbying en faveur des intérêts angolais en échange d’une aide à leurs activités politiques.

Et puis l’ex conseiller de François Mitterrand puis de Nicolas Sarkozy, Jacques Attali, il aurait également joué un rôle afin de résoudre les ennuis fiscaux de l’une des sociétés écrans de Falcone et Gaydamak

Au final, une affaire pesant 790 millions de dollars. Les deux instigateurs ainsi que Pasqua et Marchiani, qui aurait touché 311 000 dollars risquent 10 ans de prison. Mitterand qui aurait empoché 2,6 millions risque 5 ans, comme Attali et comme l‘écrivain Paul Lou Sulitzer pour son influence dans le monde des médias.

Les grands absents du procès sont les 30 personnalités angolaises qui auraient touché des pots de vin. A commencer par le président lui même. En mai Sarkozy s‘était rendu à Luanda, pour tourner la page de l’Angolagate et se rapprocher d’un pays riche en pétrole.