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Un Congrès des plus compliqués pour le PS français

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Un Congrès des plus compliqués pour le PS français

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C’est le pire scénario pour le Parti socialiste français qui depuis le congrès de Rennes en 1990 avait toujours dégagé une orientation nettement majoritaire.
A la surprise générale, Ségolène Royal est revenue au centre du jeu socialiste la semaine dernière. Avec un capital de près de 30% des militants, elle se place en tête des quatre principaux courants internes et en position de force pour briguer la succession de François Hollande. Mais faute de majorité solide, l’ancienne candidate à l’Elysée se fait désirer, dit avoir envie et appelle au rassemblement.
Au congrès de Reims, François Hollande quittera la direction du PS après 11 ans de règne et avec un bilan en demi-teinte. Des victoires éclatants aux élections locales et des défaites aux deux derniers scrutins législatifs et présidentiels. Il laisse un parti éclaté en courants et en clans.
“A moyen-long terme, il reviendra un parti du pouvoir puisqu’il est le grand parti d’opposition, je n’en vois pas d’autres pour l’instant le remplacer. Par contre, je pense qu’il rentre là dans une période de tempête, très difficile. Je crois que ce congrès on ne peut savoir ce qui va en sortir exactement mais probablement une grande déchirure dans le parti. Je crois que le Parti socialiste est dans une période très difficile”.
Les adversaires de Ségolène Royal détiennent 70% du parti et sont répartis en trois blocs.
Il y a d’abord Bertrand Delanoë. A 58 ans, le maire de Paris est candidat à la succession de François Hollande. Son atout: sa popularité. Personnalité politique préféré des Français, il n’en est pas moins arrivé 2ème ex-aequo avec Martine Aubry. Un score décevant alors qu’il partait favori.
La maire de Lille, 58 ans, n’a pas encore fait connaître sa décision. Elle défend un ancrage à gauche et prône un vrai changement. La “mère” des 35 heures insiste sur les retraites et le pouvoir d’achat.
Une musique qui sonne bien aux oreilles du jeune et prometteur député européen Benoît Hamon. Le chef de file de l’aile gauche, 41 ans a réuni près de 19% des votes PS. Il se pose en seule alternative face à Ségolène Royal car il incarne le renouveau et se veut une “arme anti-sarkozy”.
Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon refusent une alliance avec le Modem, le parti centriste de François Bayrou.
Ségolène Royal ne l’exclut pas formellement même si elle ne la juge pas d’actualité.
L‘élection du premier secrétaire se jouera la semaine prochaine au suffrage universel des militants.