DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

17 ans après la prise de Vukovar, la CIJ de la Haye accepte la plainte pour génocide de la Croatie contre la Serbie

Vous lisez:

17 ans après la prise de Vukovar, la CIJ de la Haye accepte la plainte pour génocide de la Croatie contre la Serbie

Taille du texte Aa Aa

Se souvenir de Vukovar. Le 18 novembre 1991, la ville croate tombait aux mains des forces yougoslaves et serbes. 17 ans après, plus de 20 000 personnes ont commémoré dans la ville martyre cette page noire du début du conflit serbo-croate. Tout un symbole alors qu’aujourd’hui même la Cour internationale de justice de la Haye vient d’accepter la plainte pour génocide de la Croatie contre la Serbie.

En se déclarant compétente pour juger la plainte déposée par Zagreb contre Belgrade, la cour internationale a prononcé un arrêt qui, s’il ne préjuge d’aucune décision sur le fond, ouvre la voie à un procès pour génocide. Rosalyn Higgins, qui préside le tribunal composé de 17 juges, l’annonçait ce matin : “Par dix votes contre sept, la Cour s’est déclarée compétente pour connaître la requête de la république de Croatie” a-t-elle dit, indiquant par ailleurs que les dates pour les procédures seront fixées plus tard.

La Croatie veut obtenir réparation de la part de la Serbie qu’elle accuse de violations de la
convention de 1948 pour la prévention et la répression du génocide, durant la guerre de 91- 95 qui fit 20 000 morts. Zagreb estime que la Serbie a commis un nettoyage ethnique contre un grand nombre de Croates ainsi que des destructions
massives de biens.

Lors des audiences en mai, la Serbie avait argué qu’elle ne pouvait pas endosser les responsabilités légales de l’ex-République Fédérale de Yougoslavie, partie en guerre en 91 contre la Croatie qui venait de proclamer son indépendance. La Serbie avait aussi argumenté qu’elle n‘était pas un membre de l’ONU lorsque la plainte avait été déposée en 1999 et n‘était donc pas liée à la Convention contre le génocide. Mais les juges ont rejeté ces arguments.

En février 2007, les juges de la Haye, saisis en 1993 d’une plainte similaire de la Bosnie, avaient estimé que Belgrade n’avait pas orchestré de génocide en Bosnie. La CIJ avait bien confirmé que le massacre de Srebrenica en 1995 était un génocide, mais sans l’attribuer directement à Belgrade. Une décision en sa faveur aurait permis à la Bosnie de réclamer à Belgrade des indemnités colossales.

La CIJ est la plus haute instance juridique de l’ONU, elle juge les différends entre Etats, ses décisions sont contraignantes et sans appel.