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Les roumains boudent les urnes

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Les roumains boudent les urnes

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Moins de 40% de participation, c’est sans conteste le résultat le plus marquant de ces élections, témoin d’une désaffection totale des roumains pour la politique. Premier scrutin depuis l’adhésion du pays à l’Union européenne et intervenant dans un contexte difficile ce rendez vous avec les urnes était pourtant important.

La tâche du futur gouvernement sera tout sauf facile estime Stelian Tanase, analyste : “Le gouvernement sera confronté à la pression sociale, parce que le chômage va augmenter, la monnaie locale risque d‘être instable, le pouvoir d’achat va diminuer. Bref, la population roumaine va devoir se serrer la ceinture”.

Et la pilule sera amère. Après 50 ans de communisme et son lot de privations, les roumains s‘étaient habitués ces dernières années à une croissance record. La trève sociale décrétée par les syndicats pendant la campagne pourrait être rompue à tout moment. Les enseignants notamment réclameront l’application d’une hausse de 50% de leur salaire votée par le parlement sortant.

Sans compter un risque accru de chômage. Déjà les effets de la crise économique se font sentir chez les grands groupes industriels comme Dacia et Arcelor Mittal dont les commandes s’effondrent, entraînant des arrêts de production et des menaces de licenciements. A cela il faut ajouter encore un effet collatéral de la crise, à savoir le retour prévu de quelques 500 000 immigrés roumains chassés des pays d’Europe ou ils étaient partis trouver du travail. Ils pourraient donc grossir les rangs des chômeurs.

Un avenir incertain et un passé trouble. Les roumains ont aussi très peu vu d’avancées dans le domaine de la lutte contre la corruption, qui mine la classe politique depuis de nombreuses années. Le parquet national anti-corruption, crée en 2005, enquête sur des parlementaires, d’anciens ministres, et même sur l’ex premier ministre, Adrian Nastase devenu en 2006 le symbole même de la haute corruption. Mais aucune condamnation n’a jusqu‘à présent été prononcée par le parquet.

Adrian Nastase a même pu se présenter aux élections en toute impunité dans une ville proche de Bucarest. Le verrouillage des institutions et le contexte général national n’incitent pas les roumains à se sentir investis. D’autant que plus de 30% des actifs roumains sont issus du monde agricole, la population est vieillissante, peu compétitive et vit encore dans le passé, loin des réalités d’aujourd’hui.