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La déclaration universelle des droits de l'homme piétinée après le 11 septembre

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La déclaration universelle des droits de l'homme piétinée après le 11 septembre

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Elle a joué un rôle majeur dans l‘élaboration de la Déclaration universelle des droits de l’homme : Eleanor Roosevelt. L’ex-première dame des Etats-Unis, qui défia la ségrégation raciale, souhaitait en ce 10 décembre 1948 que la déclaration universelle devienne “une grande charte internationale pour tous les hommes” dans le monde. 60 ans après, la déclaration est certes devenue une référence morale, dont plusieurs principes ont acquis un poids légal dans de nombreux pays.

Mais dans d’autres nations, les droits de l’homme sont bafoués. Et les pays qualifiés de démocratiques n‘échappent pas à une certaine régression. Les Etats-Unis, meurtris par les attentats du 11 septembre, ont piétiné allègrement la déclaration universelle au nom de la lutte contre le terrorisme. Les détentions arbitraires et l’usage de la torture dans la prison américaine de Guantanamo en sont les exemples les plus flagrants.

Sept ans après avoir accueilli les premiers insurgés d’Afghanistan, 250 hommes sont encore détenus, seuls trois ont été jugés coupables. En juin 2008, la Cour suprême de Etats-Unis a reconnu l’illégalité de ces détentions arbitraires. Elle a considéré que les prisonniers avaient le droit de contester leur détention devant des tribunaux civils. Un revers pour l’administration Bush.

Murat Kurnaz, a passé 4 ans et 8 mois a Guantanamo sans inculpation ni jugement, avant d‘être libéré en 2006. Il avait été arrêté au Pakistan en novembre 200. Il a subi le waterboarding, la “simulation de noyade” que l’administration Bush ne voit pas comme de la torture. “Ils m’ont soumis au waterboarding, ils appellent ça aussi traitement par l’eau. Ils ont rempli un seau d’eau et m’ont plongé la tête dedans, tout en me frappant l’estomac. Comme ça, j‘étais forcé d’avaler de l’eau.”

Même le vieux continent n’a pas été épargné par l’hypocrisie. Certains états membres de l’Union européenne ont fermé les yeux sur les violations des droits de l’homme dans l’affaire des vols secrets de la CIA. Ils se sont rendus complices de “transferts illégaux” de personnes soupçonnées de terrorisme par les renseignements américains. “Dans nos lignes directrices pour l’extérieur de l’Union, on demande instamment aux autorités de ne jamais mettre personne dans un lieu secret propice à la torture. On sait qu’il y en a eu sur le sol européen, soulignait Hélène Flautre, eurodéputée.”

D’autres députés européens ont vu aussi dans le “body scanner”, “la preuve d’une paranoïa des ministres de l’Intérieur des 27 en matière de terrorisme” et ont appelé au respect des droits de l’homme. L’appareil, créé pour les aéroports, fait apparaître les passagers quasiment nus, lors d’un contrôle.