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Herman Van Rompuy, un politique discret et consensuel

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Herman Van Rompuy, un politique discret et consensuel

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Herman Van Rompuy n‘était pas demandeur… C’est à contre-coeur que cet homme discret et rompu aux arcanes du pouvoir a finalement dit oui au roi Albert II. A 61 ans, celui qui préside la Chambre des députés depuis 2007 va donc tenter de succéder à Yves Leterme, contraint à la démission… Ce dernier et son ministre de la Justice sont accusés d’avoir fait pression sur les juges pour qu’ils valident le plan de sauvetage de la banque Fortis.

S’il parvient à former un nouveau gouvernement, Van Rompuy devra relever de nombreux défis. Catholique pratiquant, considéré comme un sage de la politique belge, il ne manque pas de qualités selon ce politologue : “Son sens de l’humour pourra certainement être très utile. Mais il incarne en tout cas trois qualités. C’est un homme qui a un certain sens du leardership, c’est un homme qui a pu montrer une réelle créativité et enfin un sens du compromis apprécié tant en Flandre que du côté francophone, ce sont des qualités dont il aura vraiment bien besoin”. Elu de la circonscription de Bruxelles-Hal-Vilvorde depuis 1995, Herman Van Rompuy est pour la scission de cet arrondissement électoral au coeur de la crise politico-linguistique entre flamands et francophones. Mais lui, est considéré comme francophile et prêt à faire des concessions, contrairement à Leterme, jugé trop “radical” sur ce sujet. Un dossier ultra-sensible qui reviendra sur le devant de la scène en 2009 avec les élections régionales de juin. Autre dossier, la crise financière. Herman Van Rompuy aura à boucler un budget 2009 toujours pas adopté. Economiste de formation et ministre du Budget de 1993 à 1999 dans le gouvernement de Jean-Luc Dehaene, Van Rompuy avait fait entrer la Belgique dans la zone euro en baissant la dette grâce à un plan de rigueur. Dernier défi, sans doute le plus important, la durée de vie de son cabinet. Les cinq partis de la coalition sortante semblent écarter l’idée de législatives anticipées, que certains voulaient coupler avec les régionales de juin. Pour autant, rien ne garantit que ce gouvernement, s’il voit le jour, durera jusqu‘à la fin de la législature, prévue en 2011.