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La Lituanie consent à renoncer à sa centrale nucléaire de type Tchernobyl

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La Lituanie consent à renoncer à sa centrale nucléaire de type Tchernobyl

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Le compte à rebours ne sera pas stoppé pour la centrale nucléaire d’Ignalina, en Lituanie. Cette centrale, la dernière de type Tchernobyl sur le sol européen, devra bel et bien fermer dans un an tout juste. La Lituanie, qui s’y était engagée dans son Traité d’adhésion, a depuis tout tenté pour retarder sa fermeture à 2012, y compris en organisant un référendum. Finalement, elle a cédé en décembre, lorsque ses partenaires européens lui ont promis des compensations, notamment des permis de polluer supplémentaires. “Nous ne sommes pas certains que l’approvisionnement en électricité sera suffisant dans la région, et il n’existe pas de solution facile pour répondre à la demande en cas de pénurie”, s’inquiète néanmoins le Premier ministre Andrius Kubilius.

Ignalina produit en effet 70% de l‘électricité du pays. Or la Lituanie veut à tout prix éviter d’accroître sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, un fournisseur qui l’a déjà privé de pétrole et qui est aujourd’hui de nouveau en crise avec l’Ukraine. L’alternative consiste à raccorder la Lituanie aux réseaux électriques européens. “Ces ponts ne seront pas prêts, ils ne seront pas techniquement prêts lorsque la centrale nucléaire d’Ignalina cessera son activité. Ce sur quoi nous serons prêts, ce sont nos structures internes. Mais il y aura une période de vide entre la fermeture d’Ignalina et la mise en place des nouvelles infrastructures”, explique un responsable de la compagnie lituanienne d‘électricité. Deux grands ponts électriques doivent être dressés. Le premier reliera la Lituanie à la Suède, le second à la Pologne. La Lituanie n’est d’ailleurs pas la seule concernée. Les trois pays baltes seraient ainsi interconnectés. Trois pays qui avec la Pologne projettent de construire une centrale nucléaire commune à l’horizon 2015. Elle serait opérationnelle vers 2018. La Commission européenne est quant à elle disposée à mettre de nouveau la main au porte-feuille à condition que la dernière centrale de type Tchernobyl soit fermée pour de bon. “Si nous pouvons donner davantage d’argent, nous le ferons, mais il ne faut pas oublier que la Lituanie a déjà reçu 500 millions d’euros jusqu’en 2007. Et 800 millions supplémentaires sont prévus dans le cadre du fonds de désengagement d’Ignalina. Et bien évidemment, nous avons fait du plan d’interconnexion des pays baltes notre priorité numéro un en termes d’infrastructures. Donc, la Commission aide activement la Lituanie. Ce qu’elle ne peut pas faire, c’est aller contre ce qui est inscrit dans le Traité d’adhésion de la Lituanie.” Le plan de relance économique de l’Europe doit lui aussi contribuer à la construction d’infrastructures dans les pays baltes, d’anciennes républiques soviétiques particulièrement soucieuses de leur sécurité énergétique.