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Les Vingt-sept commencent à tirer les leçons de la crise gazière

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Les Vingt-sept commencent à tirer les leçons de la crise gazière

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Le consommateur européen doit-il trinquer à chaque fois que la Russie utilise l‘énergie comme une arme d’influence ? Les Vingt-sept ne semblent plus disposés à l’accepter. Comme en 2006, Moscou a coupé le robinet de gaz à l’Ukraine, quitte à nuire aux Européens, qui en conviennent : la Russie n’est plus un fournisseur fiable. Lundi, les ministres de l’Energie devraient se réunir pour remettre une fois encore sur le tapis la question de la diversification des sources. Le président de la Commission affaires étrangères au Parlement européen, Jacek Saryusz-Wolski :

“De plus en plus de pays, y compris ceux qui ont choisi des accords bilatéraux au détriment d’une approche multilatérale au niveau de l’Union européenne, sont en train de changer leur point de vue. Prenez l’Autriche, qui malgré l’accord bilatéral a vu son gaz coupé, et la Bulgarie qui elle aussi malgré son accord bilatéral a cessé d‘être approvisionnée.” Si jusque-là, les Vingt-sept ne se sont pas mis d’accord sur une politique commune, c’est évidemment parce que leurs intérêts divergent. Les anciens du bloc soviétique veulent se libérer une fois pour toutes de leur dépendance vis-à-vis de la Russie, mais d’autres, comme l’Allemagne, ont des liens privilégiés avec Moscou. Actuellement, 80% du gaz russe destiné à l’Europe transite par l’Ukraine. Quelles sont les alternatives ? Trois grands projets sont dans les tuyaux. Nordstream et Southstream sont censés approvisionner certaines parties de l’Europe, toujours avec du gaz russe. Nabucco en revanche doit acheminer du gaz en provenance d’Azerbaïdjan ou du Kazakhstan en contournant la Russie, via la Turquie et les Balkans. Mais le projet a beaucoup de retard faute de financements. Reste l’alternative des autres formes d‘énergie que les hydrocarbures, comme le rappelle l‘élu européen Alexander Graf Lambsdorff : “Nous avons aussi besoin de voir plus loin que le gaz, nous devons penser au gaz naturel liquéfié par exemple, qui peut être transporté par bateau plutôt que par gazoduc. Nous devons penser à l‘énergie nucléaire, aux sources alternatives d‘énergie, aux renouvelables. Il est très clair qu’il faut diversifier nos sources d‘énergie, en particulier dans certains pays qui sont très dépendants du gaz russe.” Parce que l’Europe connaît une vague de grand froid, ces ruptures d’approvisionnement ont été dramatiques. Dramatiques pour les populations privées de chauffage et pour les économies comme celles de la Bulgarie, dont des pans entiers ont été stoppés nets. “Il y a quelque chose de bénéfique dans cette situation catastrophique. C’est le second coup de semonce et j’espère que le résultat sera cette fois une politique étrangère commune pour la sécurité énergétique”, conclut Jacek Saryusz-Wolski.