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Gaza, les obstacles à la reconstruction

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Gaza, les obstacles à la reconstruction

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Ce matin, dans la banlieue de Gaza City. Les chars israéliens partis dimanche sont remplacés par un paysage apocalyptique. Des champs de ruines, et au milieu, des habitants à la recherche de ce qui peut être récupéré.

Selon le bureau central palestinien des statistiques, 25 000 bâtiments ont été détruits ou endommagés, laissant des milliers de Gazaouis dans le dénuement le plus total : “On cherche un endroit où vivre, se lamente un homme, ça c‘était notre maison. Personne ne nous aide, ni les Nations-Unies, ni le gouvernement, personne n’est à nos côtés, et on supplie les Nations-Unies, la Croix Rouge, n’importe qui de nous donner une tente, mais il n’y a personne.” Comme beaucoup d’autres, Um Jaber avait fui au début des combats il y a trois semaines. Face à ces montagnes de gravats, elle se sent perdue : “Après 20 jours nous sommes revenus et nous avons trouvé notre maison en ruine, nous n’avons plus de matelas, plus de farine, plus de brebis, nous ne retrouvons plus rien. La maison est entièrement détruite. Où devons nous aller maintenant ? On leur a demandé de reconstruire notre maison.” Selon les premières estimations palestiniennes, la note de la reconstruction avoisinera les deux milliards de dollars. L’Arabie Saoudite a promis la moitié de ce montant, les pays européens ont annoncé une aide rapide. Mais plusieurs obstacles se dressent déjà. Car Israël entend contrôler étroitement la reconstruction afin d‘être sûr qu’aucun projet ne bénéficiera au Hamas. Autre frein, le blocus, qui reste en vigueur. L’Etat hébreu ne laisse entrer dans le territoire que l’aide humanitaire. Israël bloque notamment des matériaux de construction susceptibles de servir à fabriquer des armes. Les armes, c’est la hantise d’Israël. Des armes qui avant le conflit pénétraient, en même temps que la nourriture, par les tunnels, principales cibles des bombardements. A peine le retrait de Tsahal achevé, les tunnels reprennent du service, comme si toute cette guerre n’avait servi à rien.