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Bruxelles n'acceptera pas le moindre sursaut de protectionnisme

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Bruxelles n'acceptera pas le moindre sursaut de protectionnisme

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Alors que les voyants sont au rouge pour bon nombre de constructeurs automobiles européens, Bruxelles endosse son costume de gendarme et traque le protectionnisme. Six pays européens ont soumis à la Commission des plans d’aide pour le secteur. Or le feu vert de Bruxelles est indispensable. La Commission, gardienne d’une concurrence sans distortion en Europe, est en train de les passer au crible, à commencer par le plan français, que Paris a conditionné au maintien des emplois en France.

“Soutenir le protectionnisme, ce serait la pire erreur que nous puissions faire”, a lancé la commissaire à la Concurrence Neelie Kroes. “Cela n’est plus d’actualité dans notre vocabulaire parce que nous avons fait le choix du marché unique. Le marché unique – et cela vaut aussi pour l’industrie automobile – représente des avantages énormes. Cela étant dit, je rappellerai aussi que le marché unique n’est pas seulement unique pour les ventes de voitures, mais aussi pour leur production.” La Commission appelle les constructeurs à trouver eux-même les moyens d’affronter la crise. Elle liste aussi les coups de pouces admis comme les aides d’Etat à l’innovation technologique. Mais un représentant de l’Association des constructeurs automobiles européens l’appelle en retour à desserrer les cordons de la bourse européenne : “Nous savons que les primes à la casse et les primes pour le renouvellement du parc peuvent aider. Cela a été clairement démontré en Allemagne, en France et dans d’autres pays. Peut-être que des fonds européens pourraient être utilisés pour ces mesures. Je pense que la Commission européenne devrait explorer cette piste”, propose Ivan Hodac. De l’industrie automobile européenne dépendent 2,3 millions d’emplois directs et 10 millions d’emplois indirects. D’après ses estimations, la production devrait chuter au bas mot de 15% cette année. L’exécutif européen y voit l’occasion d’une révolution verte, mais à quel prix ?