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C’est un changement de cap pour le Salvador. La droite régnait en effet sans partage dans ce pays depuis 1992, date de la signature des accords de paix à Mexico entre le gouvernement et la guerilla marxiste, le FMLN, devenu par la suite un parti politique ayant renoncé à la lutte armée.

Pendant 12 ans, ce petit pays de 6 millions d’habitants avait été ravagé par la guerre civile entre les gouvernements de droite soutenus par les Etats-Unis et le Front Farabundo Marti de Libération Nationale, faisant 75 000 morts, 12 000 victimes de mines antipersonnelles et 8 000 disparus. Episode tragique de ce conflit, en 1980, Mgr Oscar Romero, l‘évêque de San Salvador engagé au côté des paysans dans la lutte politique, est assassiné dans la chapelle d’un hôpital de la capitale par les escadrons de la mort. Ses funérailles donnent lieu à un véritable carnage: l’armée tire dans la foule rassemblée ce jour-là, tuant 40 personnes. C’est pendant ces années sanglantes que Mauricio Funes bâtit une réputation de journaliste dont les sympathies vont ouvertement au FLMN et qui fustige les gouvernements de droite. Pendant la campagne électorale, il s’est démarqué du président vénézuelien Hugo Chavez, , se situant plus volontiers dans le sillage du Brésilien Lula da Silva. Mauricio Funes est d’ailleurs marié à une Brésilienne représentante du Parti des travailleurs de Lula en Amerique centrale. Il a promis de lutter contre la fraude fiscale et de créer des emplois pour aider les émigrants qui rentrent au pays. “Notre croissance est surtout liée à l’argent que les familles reçoivent de l’extérieur, mais il s’agit d’un flux de dollars que nous ne générons pas par nous-mêmes” a reconnu Maurico Funes pendant la campagne. “Il vient des Etats-Unis et dépend donc de la dynamique de l‘économie américaine “. Cette dépendance à l‘égard des Etats Unis est considérable : deux millions et demi de Salvadoriens y travaillent soit un quart de la population et les recettes que cette communauté envoie au pays, 2,7 milliards d’euros, représentent pas moins de 17% du PIB. Ces sommes constituent la deuxième source de revenus du Salvador, une réalité incontournable pour Maurico Funes. Le futur président assure d’ailleurs vouloir préserver des liens étroits avec les Etats-Unis, même si ses opposants redoutent déjà qu’il ne devienne l’otage de son vice-president, Salvador Sanchez, un ancien guerillero plus radical.Plus d'actualités sur :

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