DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Krajisnik, le faucon de Pale

Vous lisez:

Krajisnik, le faucon de Pale

Taille du texte Aa Aa

C‘était le temps où Krajisnik était fréquentable car l‘étendue de son influence dans les évènements de Bosnie n‘était pas encore apparue au grand jour. 1996. Les accords de Dayton qui ont scellé une paix fragile en Bosnie un an plus tot ont institué une présidence tricéphale avec le musulman Alija Izetbegovic, le Croate Kresimir Zubak et le Serbe Momcilo Krajisnik.

Paradoxe historique : la Bosnie hérite alors d’un homme qui ne reconnaît pas le pays dont il est co-président. Opposé aux accords de Dayton, qu’il dénonce comme une “paix injuste” , il continue après guerre de clamer que les Serbes veulent leur propre Etat. Et c’est à Pale, le fief des ultranationalistes serbes, à une vingtaine de kilomètres à peine de Sarajevo, qu’il oeuvre contre la réunification de la Bosnie, au côté de son vieil ami Radovan Karadzic. Les deux hommes sont à l’origine du programme de nettoyage ethnique au coeur du conflit bosniaque. Mais lorsque Karadzic, accusé de crimes contre l’humanité, est contraint de prendre la fuite, c’est Biljana Plavsic qui le remplace à la tête de la Republika srpska. Celle-ci soutient le processus de paix, ce qui lui vaudra sans doute la clémence de ses juges à La Haye qui la condamnent à onze ans de prison. Des juges qui n’ont donc pas eu la même clémence à l‘égard de Krajisnik. Condamné une première fois en 2006 à 27 ans de prison, il a toutefois bénéficé de l’acquittement concernant l’accusation de génocide, une décision très controversée. Momcilo Krajisnik est donc enfin fixé sur son sort. Sa condamnation est une nouvelle page dans le douloureux chapitre de la reconstruction de la Bosnie, près de 15 ans après la fin de la guerre.