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L'Afrique, terre d'avenir pour le catholicisme

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L'Afrique, terre d'avenir pour le catholicisme

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Alors que l’Europe est marquée par une sécularisation avancée, le continent noir nourrit les espérances de Rome, avec un nombre de fidèles en progression, un clergé important, structuré, souvent bien formé, et des communautés dynamiques. Depuis dix ans, la moitié des baptêmes d’adultes ont été réalisés sur le territoire africain. Une progression continue depuis les débuts du XXè siècle.

En 1900, les catholiques n’etaient que 2 millions, un siecle plus tard, en 2000, on recensait 140 millions de fideles, soit 14 % du nombre total de catholiques dans le monde. Seule l’Eglise catholique d’Océanie connaît une plus forte progression. Mais en Afrique, les catholiques doivent faire face a la concurrence d’autres confessions, notament les évangeliques. Des milliers d‘églises pentecôtistes ont été bâties sur le continent, rassemblant des fidèles attirés par une liturgie plus démonstrative et des promesses de guérison et de bonheur immédiat. Des pratiques et des discours qui ont convaincu Simone Legbo, une nouvelle convertie. “ Quand j‘étais petite, j’ai été baptisée catholique mais quand j’ai vu clair, j’ai changé de position, témoigne-t-elle. Je préfère l’Eglise évangélique car j’y vois des choses que je ne voyais pas dans la religion catholique.” Mais le principal concurrent du catholicisme sur le continent est l’islam, en forte progression. Un Africain sur trois est de confession musulmane. Le dialogue interreligieux apparaît donc comme l’un des chantiers majeurs des évêques catholiques qui doivent aussi faire face aux immenses problèmes sociaux, économiques et politiques du continent. Au Cameroun, le pays le plus corrompu au monde selon l’ONU, la visite du pape a provoqué quelques remous. Des bidonvilles ont été détruits pour embellir les rues de Yaoundé qu’il va emprunter, suscitant la colère des habitants pauvres, à l’image d’un commerçant pour qui “ c’est le budget du Cameroun qui se volatise. Après la dernière visite de Jean-Paul II, nous avins eu une crise économique. Cette fois encore, les caisses de l‘état vont se vider. Ceux qui reçoivent le pape, ce sont les voleurs de la République.” Un effet paradoxal de cette visite alors que beaucoup attendent du pape des mots forts pour dénoncer les problèmes de l’Afrique : la corruption, la mauvaise gouvernance, les inegalités sociales et l‘écart toujours plus grand entre les citoyens et les classes dirigeantes.