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USA et Europe divisés sur les solutions à la crise

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USA et Europe divisés sur les solutions à la crise

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Le 15 septembre 2008, les employés de Lehman Brothers quittent la City de Londres. La faillite de la banque nord-américaine symbolise la rapidité avec laquelle la crise financière s’est répandue dans le monde entier.

Les Etats-Unis et l’Union européenne sont à la recherche d’un consensus. Pour Washington la priorité reste la relance de la consommation, même si la Maison Blanche comprend les attentes européennes: Hillary Clinton : “Nous voulons une relance de l‘économie mondiale. Une fois que l‘économie mondiale sera repartie, nous aurons besoin d’un système de régulation qui fonctionne pour être sûr que cette situation ne se reproduise plus. Donc nous devons agir sur ces deux fronts, simultanément. Certains pays contribueront plus que d’autres à l’un ou l’autre des aspects, mais l’effort doit être collectif.” L’Union Européenne mise davantage sur la régulation des marchés financiers. Pour l’heure, ses mesures de relance sont estimées à 3,3% de son PIB. Et il n’est pas question de gonfler d’avantage les déficits des pays membres. José Manuel D. Barroso : “Nos 27 Etats membres se trouvent dans des situations différentes. Nous ne pouvons pas demander à tous les Etats membres de fournir le même effort. Dans certains cas, c’est parce qu’ils bénéficient de programme de soutien à leur balance des paiements, et que nous leur demandons de réduire leurs dépenses. Mais de manière générale nous avons injecté 400 milliards d’euros. C’est une très importante contribution pour l’Europe et pour la demande mondiale.” Aux Etats Unis la crise a entrainé une chute de la consommation. Pour faire redémarrer ce moteur de l‘économie américaine la recette d’Obama n’est pas forcément valable de l’autre côté de l’Atlantique, comme l’affirme cet économiste: Daniel Gros, ceps director : “A la base, il y a un malentendu: aujourd’hui, aux Etats-Unis, les foyers épargnent plus, donc le gouvernement doit dépenser plus pour que la consommation ne chute pas trop. En Europe, les foyers ont l’habitude d‘épargner un peu plus, donc l’incitation ficale n’est pas une nécessité absolue. Il est probable que des incitations fiscales sur le continent européen n’auraient pas un grand impact sur la consommation. Si les gouvernements donnaient plus d’argent aux foyers, cet argent serait épargné.” Pour des économies très dépendantes de l’industrie comme l’Allemagne et la France, le combat contre le chômage est la priorité. Les Etats-Unis en ont d’autres comme la mise sur pied d’un système de santé pour le plus grand nombre. Là encore, il y a un fossé: Etienne Davignon, vice-chairman Suez Tractabel : “Le problème des Etats Unis est trés différent du problème européen. Pourquoi? Parce que le problème européen a une réalité de sécurité sociale, une réalité de protection des pauvres, une réalité de l’enseignement. Rien de tout cela n’existe aux Etats Unis, et ils doivent l’introduire. Pour l’introduire, ils doivent trouver les moyens que nous dépensons déjà. Donc on a une situation objective, budgétaire différente”.