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Abstention : l'éternelle menace

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Abstention : l'éternelle menace

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“A vous de choisir” : c’est le slogan de la campagne qui appelle les électeurs à se mobiliser pour le scrutin européen. Mais à en croire un sondage Eurobaromètre resté très discret, le choix que feraient 66% des Européens, c’est celui de ne pas voter aux élections de juin. L’abstention atteindrait alors un nouveau taux record. Une abstention qui n’a fait que progresser depuis que les eurodéputés sont élus au suffrage universel. L’enquête, menée auprès de quelque 27.000 citoyens européens, a beau avoir été menée en début d’année – avant le lancement de la campagne – elle inquiète. Pour l‘élu Alain Lamassoure, les partis nationaux ont leur part de responsabilité :

“Les partis politiques ont tendance à confisquer l‘élection européenne sur des enjeux nationaux et à constituer des listes de candidats en fonction de la solution de problèmes intérieurs au lieu de comprendre qu’en fait, il s’agit d‘élire ceux qui vont les représenter au Parlement européen pour cinq ans.” En tête de liste des pays où la participation serait la plus faible figurent la Pologne et le Royaume-Uni. La méconnaissance du Parlement européen et de son rôle contribue à ce désintérêt. “Le paradoxe, c’est qu’aujourd’hui on vote pour des représentants, pour une institution qui est plus forte qu’il y a 30 ans. Mais en même temps, les citoyens ne l’ont pas perçu comme tel et donc ne s’investissent pas”, explique l’analyste Pascal Delwit. Toujours selon cette enquête, la confiance envers les institutions européennes est elle aussi à la baisse. Avec la crise, le chômage devient la préoccupation numéro un des Européens, suivie de l’inflation et du pouvoir d’achat. Un tiers des sondés disent avoir entendu parler des actions engagées par les institutions pour combattre la crise, mais ils ne sont que 44% à les juger positives.