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Téléchargement illégal : l'étau se resserre

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Téléchargement illégal : l'étau se resserre

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L‘étau se resserre autour des sites de téléchargements illégaux. A l’instar des trois jeunes fondateurs de “Pirate Bay” et de leur financier, le “peer to peer” est devenu la cible des arsenaux législatifs. Comme Napster en 1999, “Pirate Bay” est vu par les créateurs, comme l’emblême des pourfendeurs de la propriété artistique. L’un des fondateurs du site dénonce sur le web le lobbying exercé par l’industrie du disque et du cinéma.

Peter Sunde, co-fondateur de “Pirate Bay” : “D’abord ils ont permis à Hollywood de faire ce qu’ils voulaient avec la loi. Il faut arrêter cela d’une façon ou d’une autre, ils ne peuvent pas continuer à niquer le système comme ça”. Les plaignants dans cette affaire, sont des poids lourds du secteur : des majors comme la Warner Bros, Columbia pictures, Sony ou Universal, dont la voix compte dans le monde politique. Per Samuelson, avocat des fondateurs de Pirate Bay : “La justice suédoise n’a pas tenu tête à la pression politique, au pouvoir mondial, et c’est très dur pour les juges de prononcer un acquittement dans ce contexte, mais c’est ce qu’ils auraient dû faire et cela prouve que la justice est impuissante face aux pressions.” Alors faut-il punir le téléchargement illégal ? Une question qui divise en Europe. Mais l’enjeu est énorme : le manque à gagner pour les créateurs atteindrait 8,3 milliards d’euros en 2010. La France et l’Allemagne optent pour des mesures répressives pour lutter contre les pirates du net. Dans l’Hexagone, le projet Hadopi a été rejeté au parlement mais une nouvelle version sera présentée à l’assemblée à la fin du mois. Ce dispositif prévoit une riposte graduée à l’encontre des internautes qui téléchargent illégalement des contenus, pouvant aller jusqu’a la suspension de la connexion internet. Un projet en pleine contradiction avec les mesures adoptées par le parlement européen en septembre dernier. Les députés ont dit oui à un amendement allant contre l’adoption de mesures liberticides, comme l’interruption de l’accès à internet. La France a tenté de faire retirer le texte. Le projet sera présenté en deuxième lecture le 5 mai prochain. Témoin de la cacophonie qui règne dans ce domaine : entre illégalité et liberté.