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Rapprochement entre l'Arménie et la Turquie : sentiments partagés

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Rapprochement entre l'Arménie et la Turquie : sentiments partagés

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En septembre 2008, l’Arménie et la Turquie créent la surprise : le président turc arrive à Erevan invité par son homologue arménien, Serge Sarkisian. Une première historique, dont le prétexte officiel est un match de football entre les deux pays, éliminatoire pour la Coupe du monde 2010.

La présence d’Abdullah Gul provoque des réactions contrastées chez les arméniens. Certains rappellent que Van, actuellement en Turquie était peuplé d’arméniens avant le massacre d’ un million et demi des leurs entre 1915-17 sous l’Empire Ottoman… Mais d’autres ont salué la visite. “Je me fiche de qui va gagner. Ce qui est important, c’est la venue du président turc, c’est une première dans notre histoire. C’est une bonne occasion de résoudre les problèmes politiques, c’est bon pour l’avenir…” Igdir en Turquie, tout près de la frontière avec l’Arménie, dominée par le Mont Ararat. Ici l’histoire pèse encore lourd. Ce monument, érigé à la mémoire des turcs tués par les arméniens pendant et après la 1ere Guerre mondiale est la preuve des difficultés à surmonter. “A Igdir, dit cet habitant, il y a encore des témoins en vie, qui racontent à leur descendants ce qu’ont fait les Arméniens ici. Il y a encore des gens qui ont du ressentiment…” Les membres de l’association de “Gulbeyi”, contre la reconnaissance du génocide arménien, s’opposent aussi à la réouverture de la frontière avec l’Arménie à Alican, à une quinzaine de km de Igdir. La Turquie a fermé sa frontière avec l’Arménie en 1993 pour soutenir son allié traditionnel, l’Azerbaidjan, qui à l‘époque se battait contre des séparatistes arméniens soutenus par Erevan dans l’enclave du Nagorny-Karabak. Mais dans la ville frontalière de Kars, en Turquie, on ne songe qu‘à la réouverture de la “Porte de l’Est”. Le président de la chambre de commerce n’y voit que du positif : “Nous voulons la paix, je suis allé en Arménie, et j’y ai été très bien reçu. Nous nous sommes montrés accueillants quand ils sont venus ici. Ca sera bénéfique pour l‘économie et le commerce.” Pour l’instant, le Premier ministre turc reste prudent. Devant les parlementaires de l’AKP, il a promis de désamorcer le blocage sur le Nargorny-Karabakh avant tout accord avec l’Arménie.