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L'Arménie commémore le "génocide"

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L'Arménie commémore le "génocide"

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L’anniversaire des massacres arméniens sous l’empire ottoman a cette année une résonance particulière. Il intervient deux jours après l’accord trouvé entre l’Arménie et la Turquie sur une “feuille de route” en vue d’une normalisation de leurs relations. Lors des cérémonies de commémoration, le président arménien, Serge Sarkissian a certes déclaré qu’il continuerait à plaider pour une reconnaissance internationale du génocide. Mais il a aussi précisé que “ce processus n‘était pas dirigé contre le peuple turc” et que la non-reconnaissance par Ankara du génocide ne ferait pas obstacle au rapprochement en cours.

En Arménie la question reste extrêmement sensible. Si beaucoup soutiennent l’idée d’une ouverture de la frontière pour mettre fin à l’isolement économique de leur pays, d’autres restent inflexibles : “je salue le fait que nos deux pays aient fait un pas l’un vers l’autre, mais pour moi il est inacceptable que nos dirigeants oublient le génocide, et qu’ils oublient ce que les Turcs ont fait à nos grands-parents,” explique cet étudiant d’Erevan. Outre le génocide, c’est aussi le conflit du Nagorny Karabach, enclave arménienne en Azerbaïdjan, qui entrave la réconciliation. La Turquie a en effet fermé sa frontière avec l’Arménie en 1993, en soutien à l’Azerbaïdjan. Le chemin vers la réconciliation s’annonce encore long et difficile. La mémoire des centaines de milliers d’Arméniens tués entre 1915 et 1917 est plus vive que jamais.