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Obama, le test des 100 jours

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Obama, le test des 100 jours

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Rarement la tâche qui attend un président américain n’a été si lourde. A son arrivée au pouvoir, Barack Obama est face à la pire récession aux Etats-Unis depuis 1930. La situation est catastrophique : chute du PIB, hausse du chômage, et un déficit budgétaire record. Mi février, Barack Obama signe sa mesure phare : un plan de relance de 787 milliards de dollars sur trois ans : “L’acte de relance et d’investissement américain que je signe aujourd’hui, un plan qui reprend les principes que j’ai exposé en janvier, est le plus vaste de l’histoire.”

286 milliards de dollars d’allégements fiscaux sont censés relancer la consommation, le reste du plan est consacré à des dépenses d’investissement dont l’effet se fera sentir à plus long terme. Deux mois et demi plus tard, les Américains gardent confiance, même si l‘économie ne s’est pas vraiment améliorée. “Ce plan de sauvetage est très positif, explique une jeune femme. Je sais qu’il a beaucoup de détracteurs, mais nous allons devoir attendre pour voir ce que ça donne.” Après 100 jours, Barack Obama a encore la cote. Mais certains n’oublient pas les promesses phares de sa campagne, comme ce dentiste de New York : “Je voudrais voir plus pour la santé, et qu’il avance plus sur nos revendications globales, mais on est juste à 100 jours, c’est encore trop tôt.” Barack Obama hérite aussi de deux guerres, en Irak et en Afghanistan. Se démarquant de George Bush, il annonce une approche intégrée en Afghanistan et au Pakistan, avec comme objectif : abattre al Quaìda. Quant à l’Irak, le calendrier de retrait des troupes d’ici fin 2011 avait été en grande partie fixé par l’administration Bush. Deux mois après son investiture, Obama annonce la fin de la mission de combat : “Permettez moi de vous dire aussi clairement que possible, que d’ici le 31 août 2010, notre mission de combat en Irak s’achèvera.” Avec la fermeture de Guantanamo, en l’espace d’un an, Obama va rompre avec les mesures les plus controversées de son prédécesseur. Le nouveau président prend cette décision symbolique deux jours après son arrivée à la Maison blanche. Reste à savoir comment faire en pratique ; notamment, quoi faire des 240 détenus. Une soixantaine sont libérables, à condition de leur trouver un pays d’accueil. Certains estiment qu’Obama affiche plus une rupture de style que sur le fond, c’est vrai en politique étrangère. Il adopte un ton plus humble et tend la main aux ennemis d’hier. Son admnistration fait davantage recours à la diplomatie pour résoudre des conflits de longue date, et écoute plus les alliés des Etats-Unis. Mais le bilan de la nouvelle diplomatie américaine reste encore mitigé. Nul doute qu’il lui faudra bien plus que 100 jours pour convaincre ….