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Face au réchauffement climatique les Pays Bas testent la maison amphibie

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Face au réchauffement climatique les Pays Bas testent la maison amphibie

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C’est en bateau que Fons Van Raak rejoint son habitation. Cet homme vit aux Pays Bas. Une terre à fleur d’eau. Un quart du pays est situé sous le niveau de la mer. Plus encore qu’ailleurs il faut donc s’adapter aux changements du climat et à la montée prévue des eaux.

Les Pays bas ont longrtemps lutté contre les éléments en bâtissant des digues. Aujourd’hui, la tendance est à vivre sur l’eau. Les Van Raak disposent d’une maison amphibie sur les bord de la Meuse, une rivière du centre du pays. ‘‘C’est comme une maison normale, nous avons un chauffe-eau, de l’eau chaude. C’est très agrèable à vivre et totalement sécurisé’‘, explique l‘épouse de Fons Van Raak. Pour l’instant les Van Raak ne passent que l‘été dans cette maison. Autour de leur domicile, on compte 45 autre habitations amphibies. Elles appartiennent au village de Maasbommel, une zone inondée à plusieurs reprises. Le risque de catastrophe s’est éloigné avec les maisons amphibies. Ces constructions reposent sur un système qui leur permet de s‘élever de 5 mètres 50, tout en restant stables en cas de montée des eaux. Un concept simple d’après son architecte. ‘‘Chaque maison est constituée d’une boîte de ciment surmontée d’un cadre en bois, explique-t-il. Le haut est léger et le bas plus lourd. Donc lorsque l’eau va monter la maison va flotter. Deux gros piliers de bétons servent de point d’amarrage au sol. Et les habitations glissent de haut en bas, le long de ces points d’ancrage.’‘ Ce principe pourrait vite trouver preneur, dans un pays où 60 % de la population vit sous le niveau de la mer. Mais il pourrait aussi modifier considérablenment le paysage : un puzzle, alliant polders, des bandes de terres artificielles qui gagnent sur les eaux, canaux et digues. Dans le pays le plus densément peuplé au monde, ces maisons amphibies pourrait redéfinir l’utilisation des territoires. ‘‘Ce qui est important c’est que nous sommes en train de trouver de nouvelles façons d’utiliser les zones humides, où nous n’avons plus à choisir entre privilégier l’espace pour les hommes ou pour les eaux. Nous devons maintenant travailler sur des solutions qui bénéficieront à plus de monde que ces quelques maisons construites à Maasbommel.’‘ Lutter contre les inondations peut avoir des conséquences sociales. La ville d’Ooijpolder près de Massbommel avait été choisie pour être au centre d’un plan d’inondations contrôlées. L’objectif : détourner les eaux vers cette région pour sauver des zones plus peuplées en cas de catastrophe. Les habitants ont gagné leur combat. ‘‘Nous vivons comme tout le monde dans les autres villes. Nous avons des digues solides et nous n’avons plus peur de l’eau’‘, explique l’un d’eux. La montée des eaux touchera le monde entier. Mais les Pays Bas seront l’une des régions d’Europe les plus exposées. Les Nations Unies prévoient 25 % de pluies en plus d’ici un siècle. Et une montée du niveau de la mer de plus d’un mètre. Maasbommel et ces maisons amphibies pourraient alors passer du statut de prototype à celui de construction en série.