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Sri Lanka : les Tigres, le mouvement insurrectionnel le plus redoutable au monde, décapité

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Sri Lanka : les Tigres, le mouvement insurrectionnel le plus redoutable au monde, décapité

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Dans ce petit pays de 20 millions d’habitants, le budget de la défense atteint 4% du PIB. C’est dire tout le poids de la guerre civile sur l‘économie du Sri Lanka. Une guerre officiellement déclenchée en 1983 même si les premières violences remontent à 1972. Elle a fait 70 000 morts, pesé très lourdement sur le développement du pays et totalement hypothéqué les chances de réconciliation de la population.

Les tensions entre les 74% de cinghalais majoritairement bouddhistes et les 15% de tamouls, essentiellement hindouistes remontent à loin. Après l’indépendance, en 1948, les cinghalais brimés par les colons britanniques reprennent l’avantage et imposent leur loi, leur langue et leur religion. Les tamouls sont marginalisés, la guerre finira de les isoler dans les zones contrôlées par la guérilla, au nord et à l’est. C’est là que vit la plus grande partie des tamouls au Sri Lanka. C’est là que les Tigres avaient établi leur bastion. Ils contrôlaient il y a 3 ans un tiers du territoire et c’est ici qu’ils voulaient fonder leur Etat indépendant. Car en dépit des tentatives de négociations, sous l‘égide norvégienne notamment, et des compromis visant la possibilité d’un Etat fédéral, ni le président Rajapakse, ni les Tigres n‘étaient vraiment prêts à céder du terrain. C’est pour cela qu’en 2005, les séparatistes ont favorisé l‘élection de Rajapakse au détriment d’un modéré qui prônait la réconciliation et l’adoption d’un système fédéral. A coup d’intimidations et de menace, les Tigres ont empêché les tamouls d‘élire un homme qui aurait mis fin à la guerre et anéanti leur espoir de voir naître leur Etat. Car au cours de toutes ces années, les Tigres se sont radicalisés et sont devenus un mouvement dictatorial, décrétant l’embrigadement des enfants dans leurs rangs, et utilisant la population civile comme bouclier humain. Des civils pris au piège et dont l’alternative se résume le plus souvent à l’exil ou la lutte armée. Qu’adviendra t’il de cette jeunesse dont la démobilisation risque d’augmenter considérablement le chômage? Trouveront-ils leur place dans la société? Encore faudrait-il que le gouvernement y veille, et rien n’est moins sur. Plus probablement, la déroute des Tigres va pousser plus encore de tamouls à émigrer, à rejoindre une diaspora qui n’a cessé de croître depuis 20 ans.