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La grande désillusion des électeurs britanniques

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La grande désillusion des électeurs britanniques

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C’est dans un climat de désillusion et de méfiance à l‘égard des principaux partis politiques que les Britanniques abordent le scrutin européen. Le scandale des notes de frais a jeté l’opprobre sur le gouvernement et la classe politique et les électeurs d’Outre-Manche réputés sceptiques le sont plus que jamais et plus que jamais loin des problématiques européennes. “ Je pense qu’ils se comportent de façon vraiment honteuse et plus vite ils démissionneront, plus vite nous aurons un nouveau gouvernement, mieux ce sera. Les élections européennes sont donc très loin de mes préoccupations et je n’irai pas voter,” explique cette personne.

Il y a donc les abstentionnistes, particulièrement nombreux lors des scrutins européens en Grande-Bretagne et dont le flot pourrait encore grossir cette année. Et il y a ceux qui opteront pour un vote contestataire. “ Le scandale pourrait conduire à un taux de participation plus faible. D’un autre côté, les gens peuvent se dire : je vais leur montrer, je vais leur administrer une bonne correction en votant pour l’opposition peut-être, ou pour les libéraux-démocrates ou pour l’un de ces petits partis qui peuvent être considérés, à tort, comme différents des autres,” dit Rodney Barker Avec la désaffection massive à l‘égard de la politique due à ce nouveau scandale, l’Union européenne pourrait apparaitre comme le bouc émissaire. Et des partis ouvertement anti-européens comme le parti d’extrême droite, BNP ou le parti pour l’indépendance du Royaume Uni, UKIP, tireraient alors leur épingle du jeu. “ Je suis tentée par UKIP parce que je suis très déçue. J’ai toujours voté conservateur, vous savez, toute ma vie… J’ai été élevée dans le vote conservateur.” L’Europe n’a évidemment rien à voir avec le scandale des notes de frais mais elle pourrait en payer le prix par une sorte d’effet domino. “ Si ceux pour qui ont le pouvoir en Europe sont considérés comme étant à un échelon supérieur à notre gouvernement national et sont vus par ailleurs comme siégeant à l‘étranger, en Europe, à Bruxelles, alors vous obtenez un niveau de scepticisme encore plus élevé,” analyse Rodney Barker. Au Royaume Uni, les mythes sur les ingérences de Bruxelles dans la vie politique nationale ont la vie dure et la crise n’a rien changé à l’opinion de ces eurosceptiques. “ Je voterai mais d’après moi, il faut sortir de l’Europe, débrouillons-nous tous seuls, nous sommes fatigués d’entendre à quel point Bruxelles se mêle de nos affaires.” Les Britanniques votent dès le 4 juin. En 2004, plus de 61% d’entre eux s‘étaient abstenus. Les analystes prévoient une participation encore plus faible cette année.