DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Ahmadinejad, la victoire du "petit serviteur des pauvres et de l'Iran"

Vous lisez:

Ahmadinejad, la victoire du "petit serviteur des pauvres et de l'Iran"

Taille du texte Aa Aa

Le “Petit serviteur des pauvres et de l’Iran”, c’est ainsi que Mahmoud Ahmadinejad s’est présenté devant les électeurs. Et cela a fonctionné, une nouvelle fois. Ce fils de forgeron avait créé la surprise en raflant 62% des voix aux présidentielles de 2005. Quatre ans plus tard, il est donc réélu.

Ultra-conservateur, ancien membre des Gardiens de la Révolution, Ahmadinejad est un allié du Guide suprême de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, qui détient le véritable pouvoir en Iran. Il définit les politiques générales, et notamment la politique étrangère. En appelant à voter pour un candidat anti-occidental, c’est Ahmadinejad qu’il soutient. Et en la matière, celui-ci a fait ses preuves: ses discours enflammés contre Israël ou les Etats-Unis, sa mise en doute permanente de l’Holocauste et enfin sa défense à outrance du programme nucléaire iranien au mépris des sanctions du conseil de sécurité de l’ONU… Une attitude qui irrite les Occidentaux, mais qui séduit ses supporters. Ses partisans voient en lui, un vrai défenseur des intérêts de l’Iran. Et c’est sans doute une des raisons de sa réélection. Mais plus que les considérations diplomatiques, ce sont les questions économiques qui ont été au coeur des débats dans ce scrutin. Ahmadinejad avait promis une meilleure répartition des richesses pétrolières. Il s’y est employé. Mais la distribution massive de pétrodollars a poussé l’inflation à plus de 23%, et le chômage est toujours là. Pour les familles les plus modestes, les quatre années passées n’ont pas été forcément synonymes d’amélioration du niveau de vie. Qu’en sera-t-il pour les années qui viennent ? “J’ai trois enfants à la maison, qui sont sans travail, explique cette femme. Pourquoi le gouvernement dit-il qu’il n’y a pas de chômage, qu’il n’y a pas d’inflation, et que la situation économique est bonne pour les Iraniens ?” Ahmadinejad a quatre ans pour répondre à ces interrogations. En tout cas, en soignant son image d’homme du peuple, il s’est attiré les faveurs des électeurs, notamment dans les campagnes.