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Le défi vert de la Mer Rouge

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Le défi vert de la Mer Rouge

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Depuis quarante ans, le développement économique du Golfe d’Aqaba en Jordanie, sur les bords de la Mer Rouge, est en pleine explosion, accentuant la pression industrielle et touristique sur l’environnement. Le littoral jordanien n’est long que de 27 km, des côtes occupées à 70% par des ports ou des entreprises, laissant peu de places à la préservation de l‘éco-système marin.

Fadi Sharaiha, directeur de la Société Royale de Conservation des Fonds Marins de Jordanie : “Aqaba est une zone économique spéciale. Nous essayons d’attirer davantage d’investisseurs. Nous pensons disposer de 12 000 chambres d’hôtels d’ici deux ans. Nous essayons de trouver des accords avec les touristes, les centres de plongée, les autorités d’Aqaba, pour faire en sorte que ces équipements soient en termes d’environnement aussi propres et sains que possible”. Alors pour sauvegarder le patrimoine maritime, la Société Royale de Conservation des Fonds Marins de Jordanie organise des campagnes de nettoyage des fonds avec l’aide de plongeurs professionnels, d‘étudiants et de bénévoles. “Nous aidons le corail et la vie du récif”, explique Noor Moghrbai une étudiante Les déchets s’amoncellent. L’an dernier, lors d’une journée similaire près d’une demi-tonne de détritus a été ramassée en l’espace de trente minutes. Fadi Sharaiha est le directeur de la Société Royale de Conservation des Fonds Marins de Jordanie : “aujourd’hui nous avons ramené beaucoup de sacs et d’emballages en plastiques et aussi beaucoup de déchets. Nous avions 35 plongeurs environ qui ont accumulé 15 à 20 sacs de détritus ramassés dans la mer.” Ici, au paradis des plongeurs, plus de 500 espèces de poissons et 200 espèces de corail ont été inventoriées. Pour conserver cette richesse, plusieurs organismes de protection des fonds se sont associés pour replanter des coraux. Abdullah M. Momany est biologiste marin au sein de la Station de Science marine d’Aqaba : “je vais planter ces coraux sous l’eau, à environ 10 mètres de profondeur, sur notre récif artificel qui est juste derrière moins à 10 mètres environ”. Des nurseries permettent au corail de grandir tranquillement avant d‘être replanté sur des blocs de béton. Un travail de longue haleine car le corail ne croît que d’un centimètre par an. Ces barrières artificielles feront ensuite office de rempart supplémentaire pour protéger les barrières naturelles de la pollution. “Nous pouvons réduire la pression [exercée sur l’environnement], attirer les gens pour qu’ils viennent voir ces projets de récifs artificiels et en même temps nous construisons de nouveaux récifs dans des zones sablonneuses pour agrandir la barrière de corail d’Aqaba”, ajoute Abdullah M. Momany. Aqaba cherche donc un équilibre entre le respect de l’environnement et les besoins économiques. Un équilibre qui passe par une préservation durable des fonds marins.