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L'Union européenne critique Téhéran sur fond de relations complexes

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L'Union européenne critique Téhéran sur fond de relations complexes

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Iraniens expatriés ou iraniens de coeur, ils ont exprimé leur colère à Berlin, Rome et Paris ces derniers jours avec autant de persévérance que les manifestants en Iran. En Europe, la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad et la répression du régime ont provoqué une vague d’indignation. Les gouvernements ont fait part de leur inquiétude. Ce qui leur a valu d‘être accusés d’“ingérence” par Téhéran.

Lors du dernier sommet européen, plusieurs chefs d’Etat ont appelé l’Iran à garantir le droit des Iraniens à se rassembler et condamné la violence. Des pressions, mais là encore pas de position commune, pas pour l’instant d’après la commissaire aux affaires étrangères Benita Ferrero-Waldner: “je suis sûre que désormais, tout le monde veut donner une chance au dialogue. Mais dans cette situation intérieure iranienne, il faut voir si c’est possible. S’il n’y a pas de dialogue, aucun résultat de négociations, à un moment donné, la question des sanctions va ressurgir, poursuit-elle. Je suis certaine que les Européens vont examiner tous les points difficiles: quelles sanctions? De quelle sorte? Et je suis sûre que nous arriverons à une position commune.” Mais comme dans le dossier nucléaire, l’Europe peine à parler d’une seule voix et à proposer des alternatives au dialogue. L‘échec de la Troïka européenne en 2006 avait conduit la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne à renvoyer l’affaire devant le Conseil de sécurité de l’ONU, contre l’avis de nombreux pays de l’UE. Car au fond, la question des sanctions pose problème selon l’analyste Shada Islam: “il n’y aura aucune discussion, du moins dans l’immédiat, sur d‘éventuelles sanctions économiques ou commerciales contre l’Iran et il y a plusieurs raisons à cela. L’Iran est un pays lucratif d’un point de vue commercial pour l’Union européenne. Je dis l’Union, mais c’est la France, l’Allemagne ou l’Italie, qui vend des milliards d’euros de produits à l’Iran. Donc, ils ne vont pas se couper de ce marché, d’autant plus en ces temps de crise économique. Et puis en même temps, ajoute-t-elle, l’Iran est l’un des principaux fournisseurs de l’Europe pour le pétrole. Donc à un moment où l’Union européenne tente de diversifier sa sécurité énergétique pour laquelle la Russie est un problème, ils ne vont pas en plus, détériorer leurs relations avec l’Iran.” L’UE est le premier partenaire commercial de l’Iran après la Russie, depuis l’an dernier. Elle exporte pour une dizaine de milliards d’euros de produits manufacturés tandis que l’Iran est le 6ème fournisseur de l’Union pour les produits énergétiques. Dans ces conditions, la critique est ferme mais l’action sera sans doute mesurée.