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Le pavot, pilier de l'économie afghane

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Le pavot, pilier de l'économie afghane

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13 décembre 2007, les soldats afghans, épaulés par des Britanniques et des Américains, reprennent la ville de Musa Qala, dans le nord de la province de Helmand, après cinq jours de combats contre les talibans. Musa Qala est un symbole pour les deux camps, la ville se trouve dans le bastion des talibans, la province la plus violente et celle qui produit plus de la moitié de l’opium afghan. La drogue et les armes, un tandem incontournable ici.

La culture du pavot est un des piliers de l‘économie afghane. En dépit des campagnes anti-drogue, la production n’a que faiblement reculé l’an dernier. Et l’Afghanistan continue de représenter à lui seul 90% de la production mondiale d’opium. En 2008, l’ONU estimait la valeur de la récolte d’opium à plus de 518 millions d’euros. Mais sa valeur potentielle à l’exportation, qui comprend également ses dérivés, morphine et héroïne grimpe aux environs de 2,4 milliards d’euros, soit l‘équivalent d’un tiers du PIB officiel du pays. Pour autant, au final seulement 20% des recettes du pavot revient dans la poche des agriculteurs, le reste s‘évapore à l‘étranger. L’Afghanistan est parmi les pays les plus pauvres du monde. La hausse des prix des aliments avait provoqué ces scènes de colère à Jalalabad l’an dernier. En 2008, la croissance a chuté à 3,4%, contre plus de 12% en 2007. Dans le même temps, l’inflation caracolait à 27%. L‘économie légale laisse peu de moyens d‘échapper à la misère : 42% des Afghans vivent avec moins d’un euro par jour. Une misère qui rend difficile l‘éradication du pavot, principale source de financement des talibans, notamment ici, dans la province de Helmand. Dans ce pays à 80% rural, mais sans un accès équitable à l’eau et à la terre, seule une stratégie de développement économique intégrant cette problématique, peut donner des résultats estiment les experts.