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Les Ouighours : une minorité oubliée

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Les Ouighours : une minorité oubliée

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C’est une des minorités les plus oubliées de la planète. Les Ouighours, ces musulmans turcophones du Xinjiang, incarnent la rencontre du monde arabe et de la Chine.

Partie intégrante de la Chine, cette province accoudée au Pakistan et à l’Afghanistan a brièvement goûté à l’indépendance dans la première moitié du 20ème siècle. Le territoire, qui couvre un sixième de la Chine soit plus de trois fois la France compte aujourd’hui quelque 20 millions d’habitants, dont 45% de Ouighours et 41% de Hans, les Chinois de souche – ces derniers ne représentaient que 5 % de la population du Xinjiang dans les années 40. Il faut dire que le régime communiste a tout fait pour attirer les Hans dans la région. Pékin a investi dans le développement agricole et industriel de cette province à la terre fertile et riche en minerais : charbon, jade, mais aussi pétrole. Mais cette attention est allée de pair avec la montée du ressentiment des Ouighours vis à vis des Hans, premiers à bénéficier de la prospérité. A l‘été 2008, dans une vidéo, un groupe terroriste ouighour, le Parti islamique du Turkistan, menace de perpétrer des attentats contre les jeux olympiques de Pékin. Le 4 août, 4 jours avant le coup d’envoi des J.O., deux assaillants présentés comme des Ouighours tuent 16 policiers à coups d’explosifs au Xinjiang. Pékin crie au terrorisme. Les observateurs indépendants mettent en garde contre l’amalgame. Pour Phelim Kline, chercheur chez Human Rights Watch, “Le gouvernement chinois doit prendre du recul et arrêter d’associer l’expression de libertés légitimes, religieuses ou culturelles, au Tibet comme au XinJiang, avec du terrorisme, ou de l’extrêmisme religieux.” Nombre d’experts estiment que Pékin a profité de la guerre contre le terrorisme décrétée par l’administration Bush pour faire échec à sa minorité ouighoure. Présentée comme une menace terroriste, son sort avait peu de chance d‘émouvoir la communauté internationale.