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Lee Myung-bak : "mon peuple et mon gouvernement sont préparés à toute éventualité sur la péninsule Coréenne".

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Lee Myung-bak : "mon peuple et mon gouvernement sont préparés à toute éventualité sur la péninsule Coréenne".

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Cette affirmation du président de la Corée du Sud intervient après plusieurs lancements tests de missiles effectués par le voisin Nord Coréen.

Le président Lee Myung-bak s’est rendu en Europe pour le sommet du G8… afin d‘établir les ultimes contours d’un accord de libre échange commercial entre la Corée du Sud et l’Union Européenne. Et dans sa première grande interview à la télévision européenne en tant que président, celui que l’on appelle “le bulldozer” dit également pourquoi il va donner aux pauvres sa fortune personnelle. Fortune évaluée à 16 millions d’euros. Euronews : “Monsieur le Président, je dois d’abord vous interroger sur votre voisin la Corée du Nord, car ces 6 dernières semaines il y a eu un essai nucléaire et plusieurs lancements tests de missiles…La plupart ont d’ailleurs eu lieu il y a seulement quelques jours. Considérez-vous votre voisin comme dangereux ?” Lee Myung-bak : “Globalement il existe plusieurs grandes préoccupations en matière de sécurité. Le terrorisme en est une, et si vous regardez certains pays la Corée du Nord est en effet un très sérieux problème. L’une des préoccupations les plus sérieuses et urgentes est la course à l’armement nucléaire de la Corée du Nord. Si par exemple des armes nuclaires sont sur le point d‘être expédiées vers d’autres régimes, alors évidemment que la sécurité de tous sera sérieusement mise en cause. C’est l’une des raisons pour lesquelles le problème de la Corée du Nord est très sérieux.” Euronews : “Les lancements de missiles et plus particulièrement l’essai nucléaire ont provoqué une vive inquiétude et une onde de choc à travers le monde qui a été ressenti jusqu’ici en Europe à des milliers de kilomètres de là. Comment cela a-t-il été percu à Séoul, si près ?” Lee Myung-bak : “Le peuple et le gouverneement de Corée du Sud sont préparés à faire face à toute éventualité sur la péninsule Coréenne. Cela signifie être prêt en matière militaire, et faire en sorte que le peuple soit psychologiquement prêt à tout. C’est le cas depuis que le pays a été divisé il y a 60 ans. Mais parallèlement nous ne sommes pas obnubilés par la Corée du Nord. Les gens vivent normalement au quotidien et notre économie continue de progresser…Ce que je trouve très satisfaisant.” Euronews : “Comment pourriez-vous qualifier votre homologue de Pyongyang, Kim Jong-il ?” Lee Myung-bak : “Le président Kim Jong-il est le chef d’un des pays les plus isolés au monde. Comme nous le savons le 21e Siècle est une époque d’ouverture pour presque toutes les nations du monde, qui à travers la coopération internationale peuvent développer leur économie. Mais la Corée du Nord reste malgré tout probablement le seul pays au monde aussi isolé, c’est une posture que beaucoup ne comprennent pas.” Euronews : “Et d’un certain point de vue, encore plus isolé maintenant depuis l’arrêt de la politique de rapprochement menée ces dix dernières années. Comptez-vous adopter une attitude plus agressive vis à vis de la Corée du Nord ?” Lee Myung-bak : “L’administration Sud Coréenne avait prévu de fournir autour de 4,3 milliards d’euros pour aider la Corée du Nord au cours de ces 10 dernières années. L’idée était de faciliter l’ouverture de la Corée du Nord mais cela n’a pas fonctionné. Maintenant ils ont des armes nucléaires, ou tout au moins ils essayent d’en fabriquer. Mon administration tente de convaincre la Corée du Nord de venir à la table des négociations. Bien sûr l’un des moyens que nous utiliserons pour y arriver est la récente résolution du Conseil de Sécurité des Nations-Unies.” Euronews : “La Corée du Nord semble ignorer tout le monde actuellement et fait seulement ce qu’elle veut…Quelle est la prochaine étape ?” Lee Myung-bak : “D’abord je reconnais qu’il y a de nombreux et compliqués problèmes de politique intérieure en Corée du Nord qui influent sur son comportement actuel. C’est en étant conscient de tout cela que mon gouvernement continuera à consolider la coopération internationale, en particulier avec des pays comme la Chine ou la Russie qui se sont déjà positionnés à nos côtés.Ils sont pleinement favorables à l‘élaboration d’une solution pacifique à ce problème. Et traditionnellement plusieurs états membres européens ont eu des relations très étroites avec la Corée du Nord pendant longtemps. J’ose espérer qu’ils vont continuer à s’intéresser à ce sujet afin de trouver une solution pacifique au problème nucléaire de la Corée du Nord. Je pense qu’une étroite coopération internationale nous permettrait d’inciter la Corée du Nord à revenir à la table des négociations. Ca s’annonce difficile mais pas impossible.” Euronews : “Vous êtes en train de négocier un accord global de libre échange commercial avec l’Union Européenne. Où en êtes-vous, et sommes nous loin de sa conclusion ?” Lee Myung-bak : “Nous avons entrepris des négociations avec l’Union Européenne sur un accord de libre échange depuis longtemps, et je pense que nous sommes vraiment dans la dernière ligne droite. Bien sûr je comprends que l’Union Européenne doit considérer et prendre note de certaines positions de ses états membres. Quand ce sera fait, nous projettons d’annoncer la conclusion de nos négociations peut-être pour l‘été, en juillet ou août.” Euronews : “Les opposants à cet accord ici dans l’Union Européenne redoutent un afflux de voitures Coréennes bon marché.” Lee Myung-bak : “L’industrie automobile n’est qu’un aspect. Il y a beaucoup d’autres marchandises, produits ou services qui transiteront entre la Corée et l’Union Européenne. Il y a des aspects bénéfiques…Quand il y aura des avantages pour l’un, l’autre en tirera moins de bénéfices. Mais au final, je pense que ce sera extrêmement avantageux pour les deux : la Corée du Sud et l’Union Européenne. En ce qui concerne les voitures, je ne crois pas que les voitures coréennes sont aussi bon marché que dans le passé. Je pense qu’elles sont probablement aussi voire plus chères que leurs concurrentes européennes. Maintenant c’est sur la qualité que va se faire la compétition entre les voitures coréennes et européennes. Par ailleurs, un accord donnera aux constructeurs européens un plus large accès au marché coréen, où ils sont déjà très bien implantés. En outre, ils auront une rampe de lancement pour atteindre d’autres marchés du Nord-est asiatique et de toute l’Asie. Si vous considérez cela de manière cartésienne, je pense que ce sera bénéfique à la fois pour la Corée du Sud et l’Union Européenne.” Euronews : “La Corée du Nord fait parti du G20, mais cette semaine c’est le G8 dont on parle. Le G8 est-il obsolète selon vous ? Quel est le rôle du G8 ?” Lee Myung-bak : “Il existe de nombreux défis globaux et je pense que le G8 n’est pas forcément adapté pour répondre avec succès à toutes les préoccupations globales auxquelles nous devons faire face. C’est pourquoi nous avons le G20-qui comprend les membres du G8 plus les pays émergeants- de manière à travailler ensemble via la coopération internationale pour résoudre les problèmes globaux et cruciaux. Est-ce que je pense pour autant que le G8 est obsolète ? Absolument pas. Je crois que le G8 a un rôle essentiel et une responsabilité unique, mais en même temps je pense que le G20 détient plusieurs clés pour aider à résoudre ces problèmes mondiaux.” Euronews : “Monsieur le Président, j’aimerais vous interroger sur un geste qui a été largement couvert et qui est complètement inhabituel pour le chef d’un pays : vous allez donner tout votre argent. Pouvez-vous m’expliquer ?” Lee Myung-bak : “C’est un peu embarrassant de mentionner ceci, mais en effet je me démarque de tous les présidents en exercice en donnant ma fortune personnelle à la société. J’ai grandi dans une extrême pauvreté. Tout au long de ma vie, j’ai été aidé par de nombreuses personnes. La plupart d’entre-elles n‘étaient pas particulièrement à l’aise financièrement, tout comme moi à cette époque. Et comme vous le voyez, je suis devenu Président grâce à la générosité de toutes ces personnes. Maintenant que je peux le faire, je sens que c’est de ma responsabilité de leur rendre ce que j’ai gagné, en particulier à tous ceux qui travaillent très dur et vivent modestement. Je considère que c’est du pur plaisir que je peux donner…”