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Pekin a repris le contrôle des rues d'Urumqi, la capitale du Xinjiang

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Pekin a repris le contrôle des rues d'Urumqi, la capitale du Xinjiang

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L’armée quadrille désormais les rues de la ville et toute vélléité de manifestation ou de bagarre est sévèrement réprimée.

La population observait ce jeudi avec inquiétude les mouvements de troupes dans sa ville. Mais la tension, quatre jours après les émeutes entre Hans et Ouïghours, qui ont fait plus de 150 morts, est encore très vive. Chacun se rejette la responsabilité des morts : “Nous sommes très en colère, explique ce Han. Les Ouïghours ont tués 150 des notres et la police n’est pas intervenue, alors que maintenant ils arrêtent des Hans… Tous le monde est en colère”. Deux communautés cohabitent tant bien que mal dans le Xinjiang : Les Hans, majoritaires en Chine, et les Ouïghours, musulmans et turcophones. Plus de 1000 hommes, membres de cette communauté, auraient été arrêtés et emmenés on ne sait où par la police chinoise. La femme de l’un d’entre eux, qui a voulu garder l’anonymat, s’inquiète : “Je ne sais pas où est mon mari, beaucoup de gens ont disparu et personne ne sait où ils sont”. Certains Ouïghours ont même décidé de quitter Urumqi, craignant sans doute d’autres arrestations ou d’autres violences dans la ville, pour aller se réfugier chez des amis à la campagne. Pékin n’a évidemment aucun intérêt à laisser enfler le sentiment séparatiste ouïghour dans une région riche et stratégique comme le Xinjiang, et un message à la télévision encourageait il y a quelques heures les différentes communautés à co-exister pacifiquement. Une coexistence pacifique indispensable pour le pouvoir chinois, quitte à l’imposer par la force.