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Climat : les pays développés doivent se fixer "un objectif à la hauteur de leur responsabilité" (Ban Ki-moon)

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Climat : les pays développés doivent se fixer "un objectif à la hauteur de leur responsabilité" (Ban Ki-moon)

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Les dirigeants des pays du G8 étaient réunis à l’Aquila en Italie. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, était également présent à cette réunion. Il a accordé une interview à euronews. L’occasion de faire avec lui, le tour des grands sujets d’actualité, de la crise financière à la question nord-coréenne, en passant par le dossier du réchauffement climatique.

euronews : Les pays développés sont face à un dilemne : soit ils injectent davantage d’argent pour relancer leur économie, soit ils contrôlent les déficits. Quel est le conseil que vous pourriez leur donner ? Ban Ki-moon : Les pays développés ont la responsabilité, avant tout, de traiter cette crise financière internationale en définissant des plans de relance internationaux et coordonnés, afin de restaurer la confiance et amorcer une reprise économique internationale, et aussi fournir l’aide publique au développement, conformément aux engagements pris dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement et pour les questions de changement climatique. L’aide publique au développement doit se poursuivre. J’ai été encouragé lors du sommet du G20, à Londres : tous les dirigeants avaient réaffirmé leurs engagements. Mais dans le même temps, ils doivent faire encore plus d’efforts pour le bien-être et la prise en charge du sort et des défis des populations les plus vulnérables. Ceci est vraiment un impératif moral et politique. euronews : Certains pays promettent beaucoup, mais ils ne tiennent pas leur promesse. Alors, que faire ? Ban Ki-moon : C’est exactement la raison pour laquelle, avant ce sommet de l’Aquila, j’ai demandé par écrit à tous les dirigeants du G8, d‘être présent à ce rendez-vous en Italie. Il y a eu de nombreuses initiatives, de nombreux engagements pris, notamment au sommet de Gleneagles en 2005, et ces engagements n’ont pas été totalement remplis. Aussi, j’ai pressé les dirigeants du G8 de tenir les promesses formulées à Gleneagles, notamment en faveur de l’aide au développement des pays africains. Il y a au moins vingt milliards de dollars qui manquent par rapport aux engagements pris. euronews : Il y a eu beaucoup de déclarations politiques concernant une conclusion du cycle de Doha. A quel point en est-on par rapport à la libéralisation du commerce mondial ? Ban Ki-moon : Le cycle de Doha est ajourné depuis trop longtemps. Il est trop en retard. Et il y a eu un appel ferme lancé lors du sommet du G20 à Londres en avril dernier, pour que ce cycle de Doha soit relancé aussi vite que possible. J’ai eu une longue discussion avec le secrétaire général de l’Organisation mondiale du commerce, M.Pascal Lamy. Et à présent, il fait de son mieux, en étroite coopération avec les principaux pays. Je pense que les Etats-Unis, l’Inde et certains autres pays-clés sont engagés dans une bonne voie. Par conséquent, je m’attend à ce que, dans le courant de cette année, le cycle de Doha soit débloqué. euronews : Quand ? A Pittsburg en septembre ? Ban Ki-moon : Le sommet de Pittsburg en septembre sera une nouvelle fois, une bonne occasion pour les dirigeants de réaffirmer leurs engagements. Peut-être qu’après cela, on peut envisager que les discussions reprennent. euronews : Quels sont les efforts déployés par les Nations-unies pour amener la Chine et l’Inde à se conformer aux objectifs de réductions de CO2 ? Ban Ki-moon : J’ai rencontré tous les dirigeants de la planète. Et cette question générale requiert une action collective, à travers une solidarité globale. Cette question ne concerne pas seulement les pays développés ou les pays en développement. D’abord, compte-tenu de la responsabilité historique, les pays développés doivent avoir un rôle de leader. Ils doivent se mettre d’accord sur un objectif ambitieux à moyen terme en 2020, et également réduire de 50% les émissions de gaz à effets de serre en 2050. Ensuite, ils doivent fournir une aide financière et technique, nécessaire et suffisante pour les pays en développement. Ainsi, ces pays, qui aujourd’hui n’ont pas les moyens de faire face à la situation, seront en mesure de s’adapter et d’adopter les mesures en conséquence. Il y a eu de très larges discussions sur ce sujet. J’y ai pris part. Et j’ai insisté auprès des dirigeants, pour qu’ils se fixent un objectif vraiment ambitieux, à la hauteur de leur responsabilité. Cette question concerne l’humanité toute entière, toute notre planète. Nous devons parvenir à un consensus à Copenhague en décembre pour un accord général à même de faire face au défi du changement climatique, conformément aux recommandations des scientifiques du groupe d’experts intergouvernemental sur l‘évolution du climat. euronews : Jusqu‘à quel point la communauté internationale peut-elle être patiente à l‘égard de la Corée du Nord ? Ban Ki-moon : Le conseil de sécurité a déjà adopté des résolutions très fermes pour santionner la République populaire démocratique de Corée du Nord. Cela va même jusqu‘à fouiller, y compris en haute mer, les navires nord-coréens, au motif que ces cargos pourraient être en lien avec des armes de destruction massive ou des armes de prolifération nucléaire. Cela constitue un message unanime et ferme adressé à la Corée du nord. Maintenant, tous les états-membres ont le devoir de faire respecter cette résolution, sans parler des autorités nord-coréennes qui doivent pleinement se conformer à cette résolution. euronews : Quelle est la position des nations-unies face aux récents événements au Honduras ? Ban Ki-moon : J’ai dit très clairement quelle était la position de l’ONU, à savoir que la situation actuelle est inacceptable. L’ordre constitutionnel doit être rétabli immédiatement. Je suis préoccupé par le fait qu’il y a eu une très sérieuse controverse et même des violences au Honduras. Les autorités honduriennes doivent permettre au président Zelaya de revenir en toute sécurité et assumer le mandat pour lequel il a été choisi par la volonté populaire, lors d’une élection libre et transparente. Ceci est un principe de base de la démocratie.