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Crise politique et économique au Japon

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Crise politique et économique au Japon

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Le Japon en proie à la crise. Une crise politique d’abord. Prenant acte des récents échecs électoraux de sa formation, le Premier ministre a confirmé ce mardi la tenue d‘élections législatives le 30 août. Un scrutin qui pourrait sonner le glas de la domination du Parti Libéral Démocrate. Les conservateurs sont au pouvoir depuis plus de 50 ans.

“Je présente mes excuses sincères pour avoir échoué à unifier le PLD”, a déclaré Taro Aso. “Je pense que le Parti Libéral Démocrate devrait humblement réfléchir aux critiques émises par la nation pour repartir du bon pied.” Taro Aso, au plus bas dans les sondages, ne veut pas entraîner son parti dans sa chute, il a donc dissous la Chambre des Députés pour sauver ce qui peut encore l‘être. Une nouvelle accueillie aux cris de “Banzaï” par les députés. La lutte pour le pouvoir s’annonce très rude dans l’archipel nippon, car l’opposition est sur une bonne lancée. Elle a remporté les municipales à Tokyo, et le Parti Démocrate du Japon est aussi majoritaire au Sénat. Le PDJ bénéficie d’une bonne aura dans le pays, car il a promis d’adopter une politique économique et sociale moins libérale. Une promesse qui prend tout son sens face à la crise économique. Le produit intérieur brut (PIB) a baissé de plus de 14% au deuxième trimestre par rapport à la même période l’an dernier, la production industrielle enregistre une contraction similaire sur un an, enfin le taux de chômage atteint désormais 5%. Le Japon traverse en fait la pire récession de son histoire depuis la fin de la seconde guerre mondiale et le pays pourrait bien céder sa place de deuxième économie mondiale à la Chine en 2010. Il faut dire que l‘économie japonaise repose avant tout sur la production industrielle et sur les exportations. La chute de la demande mondiale a donc touché très durement le système nippon. Emblême de cette descente aux enfers économique : l’explosion du nombre des sans-abris à Toyota City. Une ville de 300 000 habitants qui dépend à 80% du groupe automobile, touché lui aussi par la crise. Ils sont donc de plus en plus nombreux à faire la queue pour la soupe populaire.