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La Commission européenne avoue son impuissance dans la crise du lait

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La Commission européenne avoue son impuissance dans la crise du lait

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Dans un rapport présenté ce mercredi, Bruxelles reconnaît que la situation est grave, mais affirme disposer de peu de moyens pour aider les producteurs frappés par la chute des prix. L’exécutif refuse, comme le réclament de nombreux agriculteurs, de réduire la production et les quotas et annonce des mesures de soutien très limitées.

D’après la Commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, “nous proposons plusieurs possibilités, entre autres de relever le plafond pour les aides nationales de 7500 à 15.000 euros par producteur, j’espère que cela pourra aider. Nous proposons aussi, ajoute-t-elle, de gérer le système des quotas de manière plus rigoureuse et je pense que cette idée sera également bien perçue. Nous pouvons également lancer de nouveaux programmes de promotion des produits laitiers et faire plus dans le cadre de la distribution de lait dans les écoles. On a ainsi plusieurs axes de travail”, conclue-t-elle. Alors que le Parlement européen plaide lui pour une baisse des quotas, la Commission ne veut pas renoncer à leur hausse puis à leur disparition. Pour Bruxelles, la crise n’est pas due à une surproduction, les quotas n‘étant pas atteints dans l’Union, et le salut passe par une plus grande libéralisation. Pour le leader altermondialiste José Bové, “cette politique n’apporte rien au consommateur car rien n’a changé quand on va chercher un litre de lait ou une plaquette de beurre. A qui profite le crime? demande-t-il. Je crois que la Commission européenne a une vision complètement idéologique: elle est dans une vision idéologique quand elle dit qu’en ouvrant les marchés, en libéralisant la politique agricole, on va permettre de régler le problème. Ce n’est pas vrai, martèle José Bové. On voit l’inverse: une exploitation agricole disparaît en Europe toutes les 3 minutes”, affirme-t-il. La fermeté de la Commission provoque un tollé parmi les agriculteurs. Ils étaient encore plusieurs centaines à manifester ce mercredi à Bruxelles. Mais la fronde pourrait aussi être menée au niveau des 27 ministres de l’agriculture qui doivent trouver un accord en septembre sur le sujet. La France et l’Allemagne réclament déjà des mesures supplémentaires et continuent de plaider pour un gel des quotas.