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Accord russo-turc sur le futur gazoduc South Stream

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Accord russo-turc sur le futur gazoduc South Stream

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La bataille commerciale autour de l’approvisionnement de l’Europe en gaz est bel et bien lancée. Le Premier ministre turc et son homologue russe ont signé à Ankara, un accord sur le projet de gazoduc South Stream, un concurrent du futur pipeline européen Nabucco. Moscou entend conforter son rôle de premier fournisseur de gaz en Europe. D’après Vladimir Poutine, “aujourd’hui, il est évident que South Stream est une réalité. C’est particulièrement important pour assurer la sécurité énergétique de toute l’Europe, mais aussi pour le développement de relations complexes entre la Russie et la Turquie. Nos discussions ont montré, poursuit-il, qu’ensemble, avec le leadership de la Turquie, nous pouvions prendre des décisions qui ouvrent la voie à des projets énergétiques d’envergure massive.”

South Stream, dont la mise en service est prévue en 2015, desservira l’Europe sans passer par l’Ukraine qui s’est durement opposée à Moscou sur la question des prix l’hiver dernier. Sa construction devrait coûter 10 milliards d’euros. Un vaste chantier mené par Gazprom avec le groupe italien ENI. La Turquie a donc donné son feu vert, comme elle l’avait fait pour Nabucco. Mais Recep Tayyip Erdogan refuse de voir une concurrence entre les deux projets: “à mon avis, il serait plus correct de voir Nabucco comme un projet parallèle plutôt que comme une alternative, souligne-t-il. De plus, ni l’un ni l’autre ne serait suffisant pour approvisionner l’Europe dans un avenir proche.” Il y a quelques semaines, Ankara donnait son accord à Nabucco, ce pipeline qui devrait être exploité dès 2014, vise à amoindrir la dépendance énergétique de l’Union européenne envers la Russie. La Turquie semble utiliser ce projet pour appuyer sa candidature à l’adhésion. D’après le président de la Fondation New Eurasia, Andrey Kortunov, elle joue en réalité, sur deux tableaux. “La Turquie essaye d’avoir une position équilibrée, explique-t-il. D’un côté, elle ne veut pas devenir l’otage de la Russie; alors, les Turcs soutiennent le projet Nabucco. De l’autre, poursuit-il, le gouvernement turc tient compte du fait que la Russie est un partenaire stratégique majeur pour la Turquie; et donc, elle doit soutenir les initiatives de Moscou, en particulier dans le domaine énergétique.” L’accord russo-turc est, en tout cas, un nouveau revers pour le projet Nabucco. Les fournisseurs de gaz que l’Union courtise en mer Caspienne et en Asie centrale pourraient préférer le South Stream russe pour se frayer un chemin vers l’Europe.