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Les conventions de Genève ont soixante ans

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Les conventions de Genève ont soixante ans

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Depuis 60 ans, les conventions de Genève protègent les personnes en cas de conflit armé, et notamment les civils et leurs biens. Dans les textes du moins. Car depuis 60 ans, ces règles sont baffouées.

Un an après la guerre entre la Géorgie et la Russie, des centaines de civils souffrent encore des effets. Natia n’a plus de maison, plus de champs, sa source de revenus. Elle a fui les combats avec sa famille, échappé à la mort et tout perdu. “Ils ont commencé à frapper et à tuer les gens. On a regardé pendant que les flammes détruisaient tout. Les soldats n’ont pas le droit de détruire la propriété des gens ordinaires”, explique Natia. Natia n’a jamais entendu parler des conventions de Genève. Pourtant, elle a raison. L’article 53 stipule qu’en temps de guerre : “Il est interdit à la puissance occupante de détruire des biens mobiliers ou immobiliers, appartenant individuellement ou collectivement à des personnes privées, sauf si ces destructions sont rendues absolument nécessaires par les opérations militaires”. Autre lieu, autre souffrance en République démocratique du Congo. La guerre civile a fait des millions de morts et des millions de déplacés. Ainsi que des millions d’autres victimes comme Gloria, 17 ans. “Quand j’ai levé les yeux, j’ai vu un homme armé. Je me suis demandé si je devais me lever et courrir, je ne savais pas quoi faire. Je me suis accroupie. Il m’a dit “tu t’assois maintenant”, j’ai refusé. alors il m’a attrapé par le cou et je suis tombée. Et ils m’ont violé. Après je suis restée là comme morte”. Gloria a eu un enfant de ces viols. Elle n’a aucune idée non plus de l’existence de cet article sensé empêcher ces crimes : “Les femmes seront spécialement protégées contre toute atteinte à leur honneur, et notamment contre le viol”. “Vous voyez bien que la loi n’est pas respectée. C’est le problème. Bien sur je pense que la convention de Genève ou les nouveaux protocoles peuvent toujours être améliorés et il peut toujours y avoir de nouveaux textes, mais la priorité c’est que ce qui est déjà écrit soit respecté”, explique Dominique Liengme, chef de délégation au Comité International de la Croix-Rouge. En 2009, quatre textes datant de 1949 et trois protocoles additionnels sont en vigueur. Les quatre Conventions de Genève ont été universellement ratifiées.